Gonorrhée au Canada : surveillance & directives à l'intention des professionnels et professionnelles
Les tendances et les lignes directrices en matière de gonorrhée changent au Canada – êtes-vous à jour ? Ce webinaire informatif porte sur les tendances relatives à la gonorrhée (GC) et à la RAM-gonorrhée (RAM-GC) et les lignes directrices nationales. Écoutez des conférenciers de l’ASPC, dont la Dre Andrea Chittle, conseillère médicale, qui passe en revue des études de cas pour illustrer les dernières recommandations nationales en matière de dépistage et de traitement des infections par le gouvernement du Canada, et Lillian Lourenço, épidémiologiste principale, qui présente un aperçu fondé sur les données de la façon dont les cas de cancer du Canada et de la RAM et des cas de résistance aux antimicrobiens sont suivis à l’échelle du Canada, et résume ce que les chiffres nous disent maintenant. Cette transcription est une version traduite des sous-titres automatiques en anglais figurant dans les enregistrements. Il se peut que le texte ne corresponde pas exactement à l’audio de l’enregistrement en français et que des erreurs soient présentes dans les deux versions de la transcription. Tatum Le : Parfait. Bonjour à tous et bienvenue. Je m’appelle Tatum Le et je suis ravie d’animer la séance d’aujourd’hui dans le cadre de la série de webinaires sur la prévention et le contrôle des maladies transmissibles de l’Agence de la santé publique du Canada. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de vous joindre à nous aujourd’hui. Bien que nous nous réunissions virtuellement aujourd’hui, je tiens à prendre un moment pour reconnaître les terres sur lesquelles nous sommes rassemblés. Ainsi, d’un océan à l’autre, nous nous trouvons tous sur les territoires traditionnels et non cédés des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Pour ma part, je me joins à vous aujourd’hui depuis Tiohtià :ke, aussi connue sous le nom de Montréal, qui est située sur le territoire traditionnel et non cédé de la nation Kanien’kehà:ka. Cette terre a longtemps servi de lieu de rencontre et d’échange entre de nombreux peuples autochtones. Alors que nous entamons la séance d’aujourd’hui, prenons un moment pour réfléchir à notre engagement commun à marcher en partenariat avec les peuples autochtones et à promouvoir des soins centrés sur la personne et respectueux de la culture, qui tiennent compte de la diversité des langues, des traditions et des expériences vécues. Ce webinaire se déroulera donc en anglais, mais vous pouvez accéder à l’interprétation simultanée en français en cliquant sur le bouton « Interprétation » dans le menu au bas de votre écran. À la suite du webinaire d’aujourd’hui, une copie de la présentation et de l’enregistrement, ainsi qu’un formulaire de commentaires, vous seront envoyés. Voici quelques brèves remarques techniques. Votre microphone a été mis en sourdine pour réduire le bruit de fond et votre vidéo est désactivée pour ce webinaire. Si vous rencontrez des problèmes techniques et avez besoin d’aide, vous pouvez nous joindre via la fonction de clavardage et n’hésitez pas à communiquer en anglais ou en français. Nous vous invitons à soumettre vos questions à nos présentateurs à tout moment à l’aide de la fonction Questions et réponses dans votre barre d’outils Zoom. Nous répondrons au plus grand nombre possible d’entre elles lors de la table ronde qui suivra les présentations. Une dernière chose : si vous préférez rester anonyme, vous pouvez toujours cocher la case « Envoyer anonymement » lorsque vous soumettez votre question. J’ai maintenant le plaisir de vous présenter nos conférenciers pour la séance d’aujourd’hui. Lillian Lourenço est épidémiologiste principale à l’Agence de la santé publique du Canada, où elle élabore des stratégies en collaboration avec ses collègues pour faire progresser la surveillance nationale de la gonorrhée et de la gonorrhée résistante aux antimicrobiens (gonorrhée-RAM). Elle dirige l’initiative de surveillance accrue de la résistance de la gonorrhée aux antimicrobiens (SARGA), en étroite collaboration avec ses collègues du Laboratoire national de microbiologie qui mènent le programme complémentaire de surveillance des antimicrobiens contre les gonocoques (PSAG-Canada). Son travail consiste principalement à surveiller les tendances de la gonorrhée résistante aux antimicrobiens afin d’appuyer les mesures de santé publique et d’éclairer les lignes directrices fédérales sur le traitement des ITS. La Dre Andrea Chittle est conseillère médicale à la Division de la surveillance des infections transmissibles sexuellement et par le sang de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). En plus de son travail à l’ASPC, Andrea travaille dans les cliniques de santé sexuelle de la ville de Hamilton et est médecin consultante au Centre de soins et de traitement des agressions sexuelles et de la violence familiale de l’Hôpital général de Guelph. Je vous invite donc à vous joindre à moi pour accueillir Lillian, qui va commencer la présentation d’aujourd’hui. Lillian Lourenço : Très bien. Merci beaucoup, Tatum, pour cette belle introduction. C'était très gentil de ta part. Bonjour à tous. Je suis ravie d’être ici avec vous aujourd’hui. Comme mentionné, je m’appelle Lillian et je vais commencer la présentation d’aujourd’hui par un aperçu des méthodes nationales de surveillance de la gonorrhée et de la gonorrhée résistante aux antimicrobiens au Canada. Ensuite, ma collègue Andrea nous présentera deux exemples de cas qui mettront en lumière les mises à jour récentes des lignes directrices de l’ASPC sur le dépistage et le traitement de la gonorrhée et de la chlamydia. Enfin, nous terminerons en partageant quelques ressources sur les ITSS que vous pourrez utiliser dans votre pratique ou votre organisation. Très bien, commençons par un bref aperçu de la gonorrhée, ou GC en abrégé. La gonorrhée est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus courantes. Elle est causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae, qui peut infecter les voies urogénitales, la gorge et le rectum. Les infections gonococciques se manifestent souvent sans symptômes, en particulier dans la gorge, le rectum et, chez les femmes, les voies urogénitales. En revanche, chez les hommes, les infections urogénitales sont plus susceptibles de provoquer des symptômes perceptibles. Nous traitons la gonorrhée avec des antibiotiques appropriés. Cependant, en cas d’infection non traitée, certaines peuvent disparaître d’elles-mêmes, mais d’autres peuvent entraîner de graves complications, notamment une maladie inflammatoire pelvienne. Parfois, mais rarement, l’infection peut se propager par la circulation sanguine et les articulations, provoquant ce qu’on appelle une infection gonococcique disséminée. Enfin, une gonorrhée non traitée peut être transmise à un nourrisson lors de l'accouchement, ce qui pose des risques supplémentaires pour la santé du nouveau-né. Outre le risque de complications graves, la gonorrhée pose un autre défi majeur de santé publique : la résistance croissante aux antibiotiques. Au fil du temps, l'agent pathogène responsable, Neisseria gonorrhoeae, a développé une résistance à toutes les classes d'antibiotiques utilisées pour la traiter, y compris celles actuellement recommandées au Canada et à l'échelle internationale. En conséquence, l’Organisation mondiale de la santé a averti que si la résistance continue d’augmenter, l’infection pourrait devenir incurable sans la mise au point de nouveaux antibiotiques efficaces contre la gonorrhée. Dans le cadre de la réponse nationale à cette menace croissante, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) dirige les efforts nationaux de surveillance pour suivre les infections à gonorrhée ainsi que les cas résistants aux antibiotiques, afin d’évaluer l’efficacité des traitements et d’orienter les lignes directrices en matière de soins et les mesures de santé publique. Très bien. Alors, comment suivons-nous les cas de gonorrhée à travers le pays? Au Canada la gonorrhée est une maladie à déclaration obligatoire à l’échelle nationale. Cela signifie donc que les cas confirmés doivent être signalés aux autorités de santé publique. En pratique, les professionnels de la santé et les laboratoires signalent d’abord les cas à leur autorité sanitaire provinciale ou territoriale, puis chaque juridiction partage volontairement les données annuelles sur les cas, par âge, par sexe et globalement, avec l’Agence de la santé publique du Canada par l’intermédiaire du Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire (SCSMDO). Ces données sont mises à la disposition du public par l’intermédiaire de l’outil interactif en ligne sur les maladies à déclaration obligatoire, disponible sur canada.ca. D’accord. Sur cette diapositive, nous voyons donc les dernières données sur la gonorrhée disponibles sur le site des maladies à déclaration obligatoire en ligne; elles ont été publiées jeudi dernier, au cas où vous voudriez y jeter un coup d’œil. En 2023, environ 42 000 cas de gonorrhée ont été signalés à travers le Canada, ce qui correspond à un taux national de 105 cas pour 100 000 habitants. La gonorrhée est ainsi redevenue la deuxième ITS à déclaration obligatoire la plus signalée au pays. Ces chiffres sous-estiment probablement le fardeau réel de la gonorrhée au Canada, en partie à cause des infections asymptomatiques et de celles qui se résolvent spontanément, qui peuvent passer inaperçues. Si vous regardez le graphique de la diapositive, vous verrez que les taux de gonorrhée déclarés ont augmenté de façon constante au cours des deux dernières décennies, avec une hausse particulièrement marquée au cours des dix dernières années. En fait, le taux de 2023 est plus du double de celui de 2014 et plus de trois fois supérieur à celui de 2010. On a observé une légère baisse des taux déclarés pendant la pandémie de COVID-19, principalement en raison d’une demande réduite et d’une capacité limitée à effectuer des tests de dépistage des ITS. Cependant, en 2022, le taux était revenu aux niveaux d’avant la pandémie et, en 2023, il a désormais dépassé ces niveaux. Lorsque l’on examine les données du SCSMDO par sexe, que vous pouvez voir dans le graphique à gauche, on constate que les taux de gonorrhée ont toujours été plus élevés chez les hommes que chez les femmes. Cependant, cet écart entre les sexes s’est creusé au cours de la dernière décennie. En effet, en 2023, le taux de gonorrhée déclaré chez les hommes était plus de deux fois supérieur à celui des femmes. Le graphique de droite montre comment les taux varient selon les groupes d’âge. En 2023, comme les années précédentes, les taux les plus élevés ont été signalés chez les hommes âgés de 25 à 29 ans et chez les femmes âgées de 20 à 24 ans. Nous allons maintenant nous intéresser à la gonorrhée résistante aux antimicrobiens, que certains d’entre vous connaissent peut-être plus communément sous le nom de surveillance de la gonorrhée résistante aux antibiotiques au Canada. Bon, l’ASPC surveille la gonorrhée résistante aux antimicrobiens par le biais de deux systèmes complémentaires. Le premier, appelé programme de surveillance antimicrobienne de la gonorrhée (PSAG), est un programme national de surveillance passive dirigé par le Laboratoire national de microbiologie (LNM). Créé dans les années 1980, il recueille chaque année environ 3 000 isolats de gonorrhée provenant de laboratoires provinciaux et territoriaux de tout le Canada. Actuellement, son ensemble de données comprend des données sur la sensibilité aux antibiotiques de plus de 70 000 isolats. Le NML effectue des tests de sensibilité aux antimicrobiens à la fois phénotypiques et génomiques afin de déterminer quels antibiotiques restent efficaces contre Neisseria gonorrhoeae. Il procède également à un typage moléculaire afin de surveiller les souches en circulation et les tendances de résistance à travers le Canada. Le PSAG est un système de surveillance précieux qui soutient les enquêtes sur les éclosions, les évaluations des échecs thérapeutiques, ainsi que l’élaboration de lignes directrices de traitement fondées sur des données probantes. Le programme génère de nombreuses données de laboratoire. Cependant, il recueille des données épidémiologiques et cliniques limitées, notamment l’âge et le sexe du client, la province ou le territoire déclarant, ainsi que le site du prélèvement ou de l’infection. Mais cela n’est pas un problème grâce à son programme complémentaire appelé « Surveillance accrue de la résistance de la gonorrhée aux antimicrobiens » (SARGA). Lancé en 2013 la SARGA nous fournit des informations épidémiologiques et cliniques détaillées sur les cas de gonorrhée résistante aux antibiotiques. Pour ce faire, il relie les données au niveau des patients concernant les ordonnances, les antécédents de voyage et le comportement sexuel aux données de sensibilité aux antimicrobiens provenant d'environ 20 % des cas du PSAG au Canada. La participation au programme est volontaire et, en 2024, cinq provinces et un territoire fournissent des données au programme SARGA. Ensemble, le PSAG et la SARGA offrent une vue d’ensemble de la gonorrhée résistante aux antibiotiques au Canada. Examinons donc quelques données issues de ces programmes de surveillance. Au Canada, la gonorrhée résistante aux antimicrobiens est en hausse. C'est ce qu'illustre la ligne rouge de ce graphique, qui présente les résultats du PSAG concernant la proportion de cultures de gonorrhée ayant démontré une résistance à au moins un antibiotique entre 2011 et 2022. En 2022, trois sur quatre isolats, soit 75 %, étaient résistants à au moins un antibiotique, contre seulement 36 % en 2013. Ces résultats sur la RAM sont basés uniquement sur les cultures, qui représentent environ 10 % des cas de gonorrhée signalés chaque année. En examinant maintenant les données de la SARGA de 2022, on constate la même mesure de la charge de gonorrhée résistante aux antimicrobiens. En d’autres termes, la prévalence des isolats résistants à au moins un antibiotique était plus élevée chez les HSH (en vert) que chez les hommes hétérosexuels (en bleu) et chez les femmes (en violet). Elle était également supérieure à la prévalence nationale de 75,5 % indiquée par le PSAG. Ce graphique montre les tendances en matière de résistance aux antimicrobiens pour chaque antibiotique, d’après les données du PSAG de 2018 à 2022. Il montre que la forte résistance globale de la gonorrhée observée dans les diapositives précédentes est largement due à la résistance à la tétracycline (en orange) et à la ciprofloxacine (en vert foncé), chacune présentant une résistance dans plus de la moitié des isolats testés. Ces antibiotiques – ainsi que la pénicilline (en bleu foncé) – sont rarement prescrits au Canada, leur utilisation variant de moins de 1 % à 6 % par année, selon les données de la SARGA pour la même période. Par ailleurs, la prévalence de la résistance à l’azithromycine s’est établie en moyenne à 8,2 % au cours de cette période. Contrairement aux autres antibiotiques testés, la prévalence d’une sensibilité réduite, et donc d’une réponse médicamenteuse diminuée, au céfixime et à la ceftriaxone était très faible, inférieure à 0,5 % par année pendant la majeure partie de cette période de cinq ans. Pour replacer cela dans son contexte de 2011 à 2024, les lignes directrices de l’ASPC et de la PT recommandaient de traiter la gonorrhée soit par 250 mg de ceftriaxone par voie intramusculaire, soit par 800 mg de céfixime par voie orale, en association avec 1 g d’azithromycine. Selon les données de la , ces combinaisons recommandées ont été utilisées pour traiter la majorité des cas de gonorrhée, soit entre 83 % et 93 %, au cours de la même période. Pour nous aider à comprendre ces tendances en matière de RAM, nous pouvons nous tourner vers l’OMS, qui recommande d’interrompre un traitement si la prévalence de la résistance atteint 5 % ou plus. Ainsi, au cours de cette période de cinq ans, seules la céfixime et la ceftriaxone sont restées en dessous de ce seuil fixé par l’OMS. Examinons donc de plus près ces tendances de résistance à l’azithromycine, tant à l’échelle nationale qu’internationale, où la résistance a augmenté. L’ASPC, en collaboration avec un comité consultatif national d’experts sur les ITSS, également connu sous le nom de CCN-ITSS, surveille cette tendance depuis des années ; depuis 2016, la prévalence nationale de la résistance à l’azithromycine a dépassé 5 %. Avant 2018, la résistance à l’azithromycine était principalement observée dans le centre du Canada. Cependant, au fil du temps, de plus en plus de provinces ont affiché une prévalence croissante. Encore une fois, nos données de surveillance pour les années 2020 et 2021 ont été largement influencées par les mesures de prévention de la pandémie de COVID-19, et il convient d’interpréter ces données en tenant compte de cet impact. En 2020, l’ASPC, le Next et le CCN-ITSS ont entrepris une analyse des données probantes afin de mettre à jour les lignes directrices de l’ASPC sur le traitement de la gonorrhée, dont la Dre Andrea Chittle parlera dans quelques instants. Les données de surveillance de 2023 sont actuellement en cours de finalisation, mais les programmes PSAG et SARGA surveillent en temps réel les cas résistants à la ceftriaxone, compte tenu du rôle important que joue ce médicament en tant que traitement de première intention contre la gonorrhée. En 2024, nous avons reçu huit signalements inhabituels de cas de gonorrhée résistante à la ceftriaxone, soit autant que pour les sept années précédentes combinées. Tous les cas présentaient une résistance au céfixime et une multirésistance, et l’un d’entre eux était extrêmement résistant, c’est-à-dire résistant à la ceftriaxone et à l’azithromycine, ainsi qu’à deux autres antibiotiques. Deux infections ont échoué au traitement initial, mais ont finalement été guéries avec 500 mg de ceftriaxone. Dans un cas, la ceftriaxone a été administrée en monothérapie, et dans l’autre, elle a été combinée à l’azithromycine. Le séquençage génétique n’a révélé aucun lien direct entre les cas, bien que tous aient été associés à des souches résistantes circulant dans des pays où les taux de gonorrhée résistante aux antimicrobiens sont élevés. La moitié des cas avaient récemment voyagé en Chine, au Cambodge, au Japon ou en Thaïlande. Deux cas ont été contractés localement et deux n’avaient aucun antécédent de voyage. Jusqu’à présent, en 2025, nous avons déjà reçu deux signalements de cas de gonorrhée résistante à la ceftriaxone. Si vous constatez un échec thérapeutique ou un cas de gonorrhée résistante à la ceftriaxone dans votre cabinet ou votre juridiction, veuillez le signaler à votre laboratoire provincial de santé publique ainsi qu’au Laboratoire national de microbiologie. En résumé, les signalements de cas de gonorrhée et de gonorrhée résistante continuent d’augmenter au Canada. Bien que nos systèmes de surveillance soient solides, nous devons rester vigilants, d’autant plus que la résistance à l’un de nos principaux traitements de dernière ligne, la ceftriaxone, augmente. Une surveillance continue et une intervention rapide sont essentielles pour préserver les options thérapeutiques et orienter les soins à l’échelle nationale. Enfin, nous tenons à remercier sincèrement nos partenaires provinciaux et territoriaux pour leur dévouement et leurs précieuses contributions à la surveillance de la gonorrhée. Je cède maintenant la parole à ma collègue Andrea. Andre Chittle : Oui, merci. Je m’appelle Andrea Chittle. Comme Tatum l’a mentionné, je suis conseillère médicale à la Division de la surveillance des infections transmissibles sexuellement et par le sang de l’ASPC. Je fournis également des soins de première ligne pour les ITS. Je vais maintenant changer un peu de sujet pour passer en revue quelques cas cliniques afin de mettre en évidence les recommandations relatives au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge de la gonorrhée. Comme l’a souligné Lillian, les données de surveillance et les tendances éclairent l’élaboration des recommandations nationales destinées aux professionnels de la santé. L’ASPC publie des directives cliniques fondées sur des données probantes élaborées par le Comité consultatif national sur les infections transmissibles sexuellement et par le sang (CCN-ITS), un groupe consultatif externe. Vous pouvez consulter leurs recommandations dans les guides de l’ASPC sur les ITSS destinés aux professionnels de la santé. Ces informations sont également disponibles dans une application mobile. Je tiens à signaler qu’il y a souvent un décalage entre la publication du contenu dans la version en ligne des guides et la mise à jour du contenu dans l’application mobile. Donc, pour l’instant, alors que certaines mises à jour sont encore en attente dans l’application mobile, je recommanderais aux gens de se référer à la version en ligne des guides. Il y a quelques questions de sondage dans cette partie de la présentation. La première question devrait s’afficher et c’est une question de type vrai ou faux. S’il y a des divergences entre les lignes directrices provinciales, territoriales ou locales et les recommandations de l’ASPC concernant les soins liés aux ITS, les cliniciens devraient suivre les lignes directrices de l’ASPC. Est-ce vrai ou faux ? D’accord. Nous constatons donc que les répondants sont assez partagés sur cette question. Mais en réalité, c’est faux. En cas de divergences, vous devriez suivre les recommandations les plus locales. Les recommandations locales tiennent compte de certains facteurs importants qui sont pertinents pour votre contexte, notamment les tendances épidémiologiques et la résistance aux antimicrobiens. Je vais utiliser deux exemples de cas pour mettre en évidence les recommandations mises à jour de l’ASPC concernant le dépistage et le traitement de la gonorrhée. Les recommandations relatives au dépistage de la gonorrhée et de la chlamydia sont regroupées, car les tests de laboratoire sont généralement des tests doubles. Je passerai donc techniquement aussi en revue les recommandations relatives au dépistage de la chlamydia. Le premier cas, celui de Sam, est un cas fictif. Sam est une personne non binaire de 23 ans à qui on a attribué le sexe féminin à la naissance. Sam utilise les pronoms iel/eux. Les partenaires sexuels de Sam sont des hommes cisgenres. Cela signifie que les partenaires de Sam sont des personnes assignées de sexe masculin à la naissance et qui s’identifient comme des hommes. Sam a des relations sexuelles orales et des relations vaginales réceptives, en utilisant parfois des condoms pour les relations vaginales. Sam a eu trois partenaires au cours des deux derniers mois et n’a pas voyagé à l’étranger récemment. Sam se rend à une clinique de santé sexuelle publique pour demander le renouvellement de sa pilule contraceptive. Sam a des antécédents de chlamydia génito-anale remontant à deux ans et n’a pas subi de nouveau dépistage des infections transmissibles sexuellement depuis lors. Sam souffre également d’un trouble d’anxiété généralisée. Sam prend de la sertraline et des pilules contraceptives combinées et n’a aucune allergie médicamenteuse connue. Voici une autre question du sondage. Selon les lignes directrices de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), à quelle fréquence les adultes et les adolescents de moins de 30 ans sexuellement actifs et non enceintes devraient-ils subir un dépistage de la chlamydia et de la gonorrhée ? Devrait-ce être chaque année ? Tous les 3 à 6 mois s’ils ont un nouveau partenaire sexuel ou plusieurs partenaires sexuels, et aussi souvent que tous les 3 mois s’ils font partie d’une population ou d’une communauté où la prévalence de la chlamydia ou de la gonorrhée est élevée. Et la plupart des gens ont répondu correctement. La réponse était la dernière. Toutes les réponses ci-dessus. Les recommandations de l’ASPC concernant le dépistage de la chlamydia et de la gonorrhée chez les adolescentes et les adultes non enceintes ont été mises à jour cette année. Afin de prévenir les complications et la transmission sexuelle, le CCN-ITSS recommande un dépistage annuel pour toutes les personnes sexuellement actives âgées de moins de 30 ans. Pour celles ayant des partenaires sexuels multiples ou un nouveau partenaire depuis le dernier test, un dépistage peut être envisagé tous les trois à six mois. De plus, dans les populations ou les communautés présentant des taux d’élevés d’infections sexuellement transmissibles et transmissibles par le sang, le CCN-ITSS recommande un dépistage avec option de refus tous les trois mois. Ainsi, les populations et les communautés présentant des taux élevés d’ITSS comprennent les hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les personnes vivant avec le VIH, les personnes incarcérées ou ayant été incarcérées, les personnes qui consomment des substances ou qui ont recours à des services de traitement de la toxicomanie, ainsi que certaines communautés autochtones. Le CCN-ITSS encourage la prise en compte d’approches visant à accroître le recours au dépistage, ce qui peut inclure le dépistage opportuniste et des stratégies visant à améliorer l’accessibilité et à normaliser le dépistage, comme le dépistage dans des contextes de sensibilisation et l’utilisation de l’auto-prélèvement pour la collecte d’échantillons. Les guides sur les ITSS contiennent des suggestions pragmatiques concernant le dépistage pharyngé et rectal de la gonorrhée et de la chlamydia. Le dépistage pharyngé est indiqué pour les personnes assignées femmes à la naissance ayant pratiqué des relations sexuelles orales et pour les autres personnes ayant pratiqué des relations sexuelles orales qui présentent un risque élevé d’exposition, notamment les hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les personnes ayant de multiples partenaires sexuels et celles dont les partenaires sexuels présentent un risque élevé d’infection. Le dépistage rectal est indiqué pour les personnes ayant des antécédents de rapports anaux passifs, qu’elles aient utilisé ou non un condom. L'ASPC recommande également le dépistage rectal pour tous les hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, qu'ils aient ou non des antécédents de rapports anaux réceptifs. Je reviendrai plus en détail sur les contenants de prélèvement et les tests dans quelques diapositives. En général, le dépistage de la chlamydia et de la gonorrhée peut se faire par culture et test de sensibilité aux antimicrobiens, ou par test d'amplification des acides nucléiques (TAAN). Les tests disponibles peuvent varier selon la partie du corps et le laboratoire, et ils changent souvent au fil du temps. Je vais donc d’abord passer en revue les échantillons pour le TAAN, puis mettre en évidence quelques situations dans lesquelles le prélèvement d’un échantillon pour la culture de la gonorrhée et les tests de sensibilité est également recommandé lors du dépistage. Les échantillons urogénitaux pour le TAAN peuvent être la première urine du matin ou un prélèvement par écouvillon urétral, endocervical ou vaginal. Les échantillons pharyngés et rectaux peuvent être prélevés pour le TAAN et, selon l’autorisation de votre laboratoire, peuvent être prélevés par la personne elle-même ou par un clinicien. Le CCN-ITSS recommande de prélever un échantillon pour la culture de la gonorrhée et les tests de sensibilité aux antimicrobiens en même temps qu’un échantillon pour le TAAN si vous effectuez un dépistage chez une personne ayant eu un contact connu avec la gonorrhée dans le contexte d’une agression ou d’abus sexuel, ou chez une personne susceptible d’avoir contracté une infection dans une région où les taux de résistance aux antimicrobiens (RAM) pour la gonorrhée sont élevés. La TAAN est plus sensible que la culture et est précise immédiatement après l’exposition, tandis que la culture peut ne pas détecter une infection dans les 48 premières heures suivant l’exposition. Les prélèvements urétraux chez les personnes asymptomatiques sont très désagréables et l’urine constitue une alternative tout à fait acceptable. Mais pour illustrer la variabilité entre les provinces, en Ontario, où j’exerce, les prélèvements urétraux pour la TAAN ne sont pas disponibles. Les échantillons d’urine doivent provenir de la première miction et il est important de s’assurer que la personne n’a pas uriné récemment. Les instructions spécifiques varient selon les laboratoires. Vérifiez donc les instructions auprès de votre laboratoire. La TAAN vaginale peut être plus sensible que les prélèvements cervicaux ou urinaires, et les prélèvements vaginaux effectués par la patiente elle-même sont mieux acceptés que ceux effectués par le personnel de santé, en partie parce qu’ils ne nécessitent pas d’examen au spéculum. Cette diapositive présente certains des différents contenants de prélèvement pour les tests TAAN et de culture. Encore une fois, comme les trousses de prélèvement, les types d’échantillons acceptables et les techniques de prélèvement varient même au sein d’une même juridiction selon le laboratoire qui traite l’échantillon, il est important de vérifier auprès de votre laboratoire. Revenons donc à notre cas : Sam n’était pas connu pour avoir été en contact avec un cas de gonorrhée. Et compte tenu de ses comportements sexuels, des échantillons sont prélevés pour une TAAN pharyngée et vaginale. Les résultats sont négatifs pour la chlamydia et la gonorrhée à tous les sites. Nous allons maintenant faire un bond en avant de trois ans dans la vie de Sam. Sam se présente à son médecin de famille après avoir obtenu un résultat positif à un test de grossesse à domicile. Elle n’a pas eu de nouveaux problèmes de santé et ne prend actuellement que de la Sertraline. Les recommandations de l’ASPC en matière de dépistage de la gonorrhée et de la chlamydia pendant la grossesse ont été mises à jour en 2022 afin de prévenir les complications liées à la grossesse, la transmission sexuelle et la transmission aux nouveau-nés pendant la période périnatale. Le CCN-ITSS recommande de dépister toutes les femmes enceintes asymptomatiques au cours du premier trimestre ou lors de la première visite prénatale, puis à nouveau au cours du troisième trimestre. Le CCN-ITSS recommande également un dépistage au moment de l’accouchement si aucun dépistage prénatal n’a été effectué, y compris au troisième trimestre, ou si le suivi d’un résultat positif à la chlamydia ou à la gonorrhée pendant la grossesse n’a pas été mené à terme. La grossesse est une indication pour le prélèvement d’un échantillon destiné au test TAAN ainsi qu’à la culture de la gonorrhée et au test de sensibilité aux antimicrobiens. Étant donné que l’échantillon pour la culture est un prélèvement endocervical, il est logique qu’un prélèvement endocervical ou vaginal puisse être effectué pour le test TAAN lors du même examen. Il est également possible de soumettre des échantillons vaginaux prélevés par la patiente elle-même ou des échantillons d’urine pour le test TAAN. Sam reçoit un prélèvement endocervical pour le test NAAT de dépistage de la chlamydia et de la gonorrhée, ainsi qu’un prélèvement endocervical pour la culture de la gonorrhée. Et ces résultats sont tous négatifs. J’ai donc passé en revue les recommandations de dépistage de la gonorrhée et de la chlamydia chez les adolescentes et les jeunes sexuellement actives non enceintes. Le CCN-ITSS recommande un dépistage annuel systématique de la chlamydia et de la gonorrhée chez les personnes âgées de moins de 30 ans. Le CCN-ITSS recommande également de dépister tous les 3 à 6 mois les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels ou ayant eu un nouveau partenaire depuis leur dernier dépistage. Enfin, le CCN-ITSS recommande un dépistage par défaut pouvant aller jusqu’à tous les 3 mois dans les populations ou les communautés présentant une forte prévalence d’ISTB. Le comité a également identifié certaines stratégies potentielles pour accroître la participation au dépistage, notamment l’autoprélèvement. Pour les femmes enceintes, le dépistage de la gonorrhée et de la chlamydia est recommandé au cours du premier trimestre ou lors de la première visite prénatale, puis à nouveau au cours du troisième trimestre. Si le dépistage du troisième trimestre n’a pas été effectué ou si le suivi d’une chlamydia ou d’une gonorrhée détectée pendant la grossesse n’a pas été mené à terme, un nouveau dépistage est recommandé pendant le travail. Les échantillons destinés au test TAAN sont les plus sensibles et les cliniciens sont encouragés à envisager de prélever des échantillons à la fois pour le test TAAN et pour la culture de la gonorrhée lorsqu'ils effectuent un dépistage chez des patientes en prénatalité, des personnes ayant été en contact avec un cas de gonorrhée ou en cas de suspicion d'abus sexuel ou d'agression sexuelle. Le cas suivant est celui de Mo, également un cas fictif. Mo est un homme cisgenre de 32 ans. Cela signifie que le sexe attribué à Mo à la naissance était masculin et que son identité de genre est celle d’un homme. Mo utilise les pronoms « il » et « lui ». Ses partenaires sexuels sont des hommes cisgenres et il a des rapports sexuels anaux et oraux, tant en tant qu’actif qu’en tant que passif. Il a eu quatre partenaires au cours des deux derniers mois et n’a pas voyagé à l’étranger récemment. Il a été rappelé pour un traitement contre la gonorrhée urétrale et pharyngée, détectée lors d’un dépistage des ITS effectué dans le cadre du suivi de routine de la prophylaxie pré-exposition au VIH (PPrE). Mo a déjà été traité pour une syphilis latente précoce il y a deux ans et son titre RPR non tréponémique est passé de 1 à 2. Ses antécédents médicaux comprennent également une appendicectomie il y a 10 ans. Mo suit un traitement antirétroviral oral pour la PPrE contre le VIH et ne présente aucune allergie médicamenteuse. Voici un résumé des résultats des récents examens de dépistage de Moe pour les infections sexuellement transmissibles et transmissibles par le sang. La gonorrhée a été détectée par TAAN sur des échantillons d'urine et de gorge. Comme prévu, les résultats des tests de dépistage de la syphilis de Mo étaient positifs, avec un test de dépistage des anticorps tréponémiques réactif. Mo a également présenté un test RPR non tréponémique réactif avec un titre de 1 à 2. À titre d’information, si Mo avait une nouvelle infection à la syphilis, on s’attendrait à voir le titre RPR augmenter d’au moins quatre fois. Cela donnerait donc un titre d’au moins 1:8. En discutant du dépistage de la gonorrhée, j’ai déjà mentionné qu’il existe certains cas où le CCN-ITSS recommande de prélever des échantillons à la fois pour le test TAAN de la gonorrhée et pour la culture. Cette diapositive présente la liste complète des scénarios. Il faut donc envisager de prélever des échantillons pour le test NAAT de la chlamydia et de la gonorrhée ainsi que pour la culture de la gonorrhée lors de l’évaluation de personnes symptomatiques, de femmes enceintes, de personnes ayant été en contact avec un cas de gonorrhée, en cas de suspicion d’abus sexuel ou d’agression sexuelle, et lorsqu’une infection pourrait avoir été contractée dans un pays ou une région présentant des taux élevés de résistance aux antimicrobiens. De plus, et avec quelques réserves concernant le moment du prélèvement que j’examinerai plus en détail, si l’on soupçonne un échec thérapeutique, il convient de prélever des échantillons à la fois pour le test NAAT et pour la culture. En ce qui concerne Mo, le CCN-ITSS conseille de prélever un échantillon pour la culture de la gonorrhée avant d’administrer le traitement lorsqu’une infection gonococcique a été détectée à l’aide du TAAN uniquement, si cela est possible et si cela ne retarde pas le traitement. Concrètement, dans le cas de Mo, je prélèverais probablement un écouvillon pharyngé pour culture avant le traitement, mais je ne prélèverais un échantillon urétral que si Mo présentait des écoulements, compte tenu de l’inconfort associé au prélèvement urétral. Et dans ce cas, j’insisterais sur l’importance d’un test de guérison pour l’infection urétrale. Selon les guides de l’ASPC, quel est le nouveau schéma thérapeutique privilégié pour la gonorrhée non compliquée chez les personnes de 10 ans et plus ? S’agit-il d’une bithérapie avec de la ceftriaxone 250 et de l’azithromycine 1 gramme ? S’agit-il d’une bithérapie avec céfixime 800 mg et azithromycine 1 gramme ? Monothérapie avec ceftriaxone 500 mg ? Monothérapie avec azithromycine 2 grammes ? Ou tout ce qui précède est un régime privilégié ? D’accord, environ la moitié des participants avaient raison d’identifier que la monothérapie avec ceftriaxone 500 mg IM était le traitement préféré. Bon, environ la moitié des participants ont correctement identifié que la monothérapie par la ceftriaxone à 500 mg par voie intramusculaire est le traitement privilégié. En décembre dernier, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a publié une nouvelle recommandation provisoire concernant le traitement de la gonorrhée. Le traitement privilégié pour les infections à gonorrhée non compliquées chez les adultes et les adolescents âgés de 10 ans et plus est une monothérapie à base de 500 milligrammes de ceftriaxone administrée par voie intramusculaire en une seule dose. Cela remplace la recommandation d’une bithérapie comprenant une dose plus faible de 250 milligrammes de ceftriaxone et 1 gramme d’azithromycine par voie orale, toutes deux administrées en une seule dose. Si une co-infection par la chlamydia n’a pas été exclue au moment du traitement, le CCN-ITSS recommande de s’assurer que le traitement administré inclut un traitement contre la chlamydia, soit 1 gramme d’azithromycine en dose unique par voie orale, soit 100 milligrammes de doxycycline par voie orale deux fois par jour pendant 7 jours. De plus, un test de guérison de la gonorrhée est recommandé pour tous les sites positifs dans tous les cas et est particulièrement important lorsqu’un traitement autre qu’une monothérapie par 500 mg de ceftriaxone a été utilisé. D’autres traitements de la gonorrhée sont actuellement à l’étude. Les cliniciens peuvent continuer à se référer aux alternatives énumérées dans la version Web des guides ITSS jusqu’à ce que l’examen soit terminé et que les alternatives aient été mises à jour. Aucun autre traitement n’est recommandé pendant la grossesse. Il est donc conseillé aux cliniciens qui s’occupent de femmes enceintes présentant des contre-indications à la monothérapie de consulter un spécialiste. Les traitements énumérés ici pour les infections pharyngées et anogénitales seraient principalement envisagés lorsqu’il existe une forte justification pour privilégier le traitement oral plutôt que par injection, notamment dans les établissements de soins qui ne disposent pas de moyens d’injection ou chez les patients qui refusent une injection. Les alternatives publiées varient selon les sites, car les infections pharyngées sont plus difficiles à éradiquer et en raison des préoccupations liées à la résistance à la tétracycline dans la gonorrhée. Un traitement contenant de la doxycycline ne figure pas parmi les alternatives répertoriées pour les infections pharyngées à gonorrhée. Il existe d’autres alternatives pouvant être envisagées lorsque les patients présentent des contre-indications aux céphalosporines et aux céphalosporines et macrolides. Enfin, les guides ITSS indiquent que l’ertapénème doit être envisagé dans des circonstances exceptionnelles et probablement en consultation avec un spécialiste. Comme je l’ai mentionné, le CCN-ITSS recommande un test de guérison de la gonorrhée pour tous les sites positifs dans tous les cas. Le choix du test dépend de l'intervalle entre la fin du traitement et le suivi. Les prélèvements pour la culture doivent être effectués au moins 3 jours après la fin du traitement, et ceux pour le test TAAN doivent être effectués 3 à 4 semaines après la fin du traitement. Ainsi, si une personne revient pour un test de guérison dans les 3 semaines suivant la fin du traitement, ce test doit être réalisé par culture. Et si une personne revient pour un test de guérison plus de trois semaines après la fin du traitement, le test de guérison peut être effectué par TAAN. Si un échec thérapeutique est suspecté plus de trois semaines après la fin du traitement, des échantillons destinés à la fois au TAAN et à la culture doivent être prélevés. Voici le dernier sondage. Notre patient Mo revient pour un test de guérison quatre semaines après avoir reçu le traitement recommandé par monothérapie à la ceftriaxone. Quels tests seraient appropriés ? Un prélèvement urétral pour une culture de gonorrhée, un échantillon d’urine pour un test NAAT de gonorrhée, un prélèvement pharyngé pour une culture de gonorrhée, un prélèvement pharyngé pour un test NAAT de gonorrhée, ou les deux B et D.Les deuxième et quatrième options. Et la plupart des gens ont choisi la bonne réponse ici : un échantillon d'urine pour le test NAAT et un prélèvement pharyngé pour le test NAAT. Et voici les résultats des tests de suivi pour Mo, qui est revenu quatre semaines après le traitement et a subi un test par NAAT. Ses résultats indiquent que l’infection a été guérie. Outre le test de guérison, il y a quelques autres aspects du suivi que je souhaite mentionner. Les partenaires sexuels des 60 jours précédant l'apparition des symptômes ou la date du prélèvement pour les personnes asymptomatiques doivent être informés. On peut envisager de traiter les partenaires de manière empirique, éventuellement avec un traitement couvrant à la fois la chlamydia et la gonorrhée. Les personnes ayant eu une infection à gonorrhée doivent subir un nouveau dépistage six mois après l'infection, car elles sont à risque de réinfection. Selon la population et les circonstances, l’intervalle entre les dépistages peut être raccourci. Par exemple, Mo est une personne qui serait admissible à un dépistage trimestriel selon les recommandations de dépistage de la gonorrhée et de la chlamydia, ce qui correspond aux lignes directrices canadiennes existantes pour les personnes prenant une PPrE contre le VIH. Enfin, les personnes en cours d’évaluation ou de traitement pour une gonorrhée devraient subir un dépistage d’autres infections transmissibles sexuellement et par le sang, compte tenu des facteurs de risque communs et des taux de co-infection. Voici les messages clés que j’espère que vous retiendrez de mon examen des recommandations de l’ASPC concernant le traitement et le suivi de la gonorrhée chez les personnes dont l’infection à a été détectée uniquement par ce moyen. Le CCN-ITSS suggère de prélever un échantillon pour une culture de gonorrhée avant d’administrer le traitement lorsque cela est pratique, faisable et tolérable. La monothérapie par une dose unique de 500 mg de ceftriaxone est le traitement de choix pour les infections à gonorrhée non compliquées chez les adolescents et les adultes âgés de 10 ans et plus. Un test de guérison est recommandé pour toutes les infections à gonorrhée, quel que soit le site. Le test de guérison par culture doit être effectué entre trois jours et trois semaines après la fin du traitement, et par TAAN s'il est effectué plus de trois semaines après la fin du traitement. Si un échec thérapeutique est suspecté plus de trois semaines après la fin du traitement, prélever des échantillons à la fois pour la culture et pour le TAAN. Enfin, je voudrais prendre un moment pour mettre en avant certaines ressources supplémentaires que l’ASPC a mises au point à l’intention des professionnels de la santé publique, des cliniciens et des organismes communautaires. Pour ceux qui souhaitent trouver des produits de surveillance des ITSS, l’ASPC a une page d’accueil sur la surveillance des ITSS. De plus, il y a un tableau de bord du SARGA, qui est un outil de données interactif. Le code QR affiché sur cet écran devrait vous rediriger vers une page d’accueil de canada.ca où vous trouverez des ressources sur la syphilis. Comme vous le savez sans doute, on observe une augmentation importante et préoccupante de la syphilis infectieuse ainsi qu’une résurgence de la syphilis congénitale au Canada. Afin d’aider les cliniciens, nous avons élaboré une infographie recto-verso qui passe en revue les recommandations en matière de dépistage, de traitement et de suivi de la syphilis. Nous avons également élaboré un algorithme simplifié pour la stadification clinique et le traitement de la syphilis chez les adolescents et les adultes. Et pour faciliter la stadification clinique, vous trouverez un guide de stadification, un livret qui met en évidence les principaux résultats de l’examen physique à l’intention des organismes communautaires. Nous avons élaboré une fiche de conseils sur la prévention et les soins liés à la syphilis. L'ASPC a également élaboré plusieurs ressources pour sensibiliser le public et favoriser les discussions sur la prévention du VIH, notamment le message « indétectable = intransmissible » ou « I = I ». Cette diapositive présente une fiche recto-verso de l'ASPC destinée aux professionnels de la santé qui fournit des messages clés sur « I = I », ainsi qu'une ressource destinée au grand public qui transmet ce message. Je pense que nous partagerons la présentation après l'exposé. J'ai donc inclus plusieurs ressources et adresses URL au cas où les participants souhaiteraient se rendre directement sur ces sites Web pour obtenir plus d'informations. Tatum : Parfait. Merci beaucoup, Andrea, pour votre présentation. Nous allons maintenant passer à la partie questions-réponses du webinaire et, pour rappel, vous pouvez soumettre vos questions à nos présentateurs à tout moment en utilisant la fonction Q&A située en bas de votre écran, dans la barre d’outils de Zoom. Mais pour commencer, nous allons répondre à quelques questions qui ont été soumises à l’avance par les participants avant la session d’aujourd’hui. La première question que j’ai ici est la suivante : quels sont les facteurs qui contribuent aux tendances de la gonorrhée, en particulier à son augmentation, et comment pouvons-nous les prévenir ? Lillian: D'accord. Je pense pouvoir répondre à cette question. C'est une très bonne question. Plusieurs facteurs ont probablement contribué à la hausse des taux de gonorrhée au Canada. L’un d’eux est l’amélioration de la détection de la gonorrhée au fil du temps. Nous sommes donc passés des tests fondés sur la culture aux évaluations anogénitales basées sur les TAAN au début des années 2000 partout au Canada. Et plus récemment, en 2018, l’Ontario a commencé à proposer des tests TAAN extra-génitaux. Donc, des prélèvements pharyngés et rectaux pour les populations clés, puis d’autres provinces ont suivi au cours des années suivantes, entre 2018 et 2021, et on a clairement pensé que cela conduirait à une détection accrue de la gonorrhée. Une étude menée par une clinique spécialisée dans les ITS à Ottawa a ainsi révélé qu’en effectuant des tests TAAN extragénital, les taux de gonorrhée détectés augmentaient d’environ 13 % par an. Puis, après l’introduction des tests TAAN pharyngés et rectaux, cette augmentation est passée de 13 % à 65 % par an. Cependant, en ce qui concerne nos données du SCSMDO, nous obtenons certaines informations sur le site de l’infection, mais elles sont incohérentes. Il y a beaucoup de cas de gonorrhée de type non spécifié. Je ne peux donc pas dire si cela explique entièrement ce que nous observons au Canada. L’Ontario a récemment publié, en janvier, un rapport décrivant le pourcentage de tests positifs, et a indiqué que celui-ci était passé de 9 % en 2014 à 2,7 % en 2023, ce qui suggère une véritable propagation ou une augmentation de la transmission. Il y a également des changements de comportement qui pourraient jouer un rôle. Ainsi, certaines enquêtes et certains correspondants suggèrent une baisse de l’utilisation du condom et une augmentation du nombre de partenaires sexuels chez certaines populations au cours de la dernière décennie. De plus, il pourrait y avoir des répercussions découlant de changements apportés aux lignes directrices sur le dépistage du cancer du col de l’utérus, qui prévoient maintenant que les tests Pap commencent plus tard et sont moins fréquents, ce qui signifie que nous pourrions manquer des infections asymptomatiques lors de ces visites de routine, ce qui augmenterait les possibilités de transmission. Tous ces facteurs pourraient avoir une incidence sur ce que nous avons observé, et bien sûr, pendant les années de la pandémie de COVID-19, nous avons constaté ces baisses dans nos résultats et, comme je l’ai mentionné, cela était probablement dû à un accès réduit aux tests et aux fournitures. Nous avons constaté un rebond des taux, qui ont même dépassé ces chiffres, d’après les dernières données du SCSMDO. Tous ces éléments font donc partie des facteurs contributifs. Andrea, souhaitez-vous parler de certaines méthodes de prévention ? Andrea : Merci, Lillian. J’ai emprunté cette diapositive à un webinaire précédent que nous avons donné sur la prévention des ITSS. La boîte à outils de prévention des ITSS contient un éventail de stratégies efficaces qui réduisent le risque de contracter une ITSS et/ou l’impact et la propagation des ITSS. Si certains de ces outils ont une large application et apportent de nombreux avantages, d’autres sont plus ciblés. En général, ils se complètent mutuellement et une approche globale de la prévention des ITSS intégrera tous les outils pertinents. Les stratégies de prévention particulièrement pertinentes pour la gonorrhée sont indiquées dans les encadrés en gris foncé de la diapositive. L'éducation fait référence à une éducation complète en matière de santé sexuelle ainsi qu'à des services de consultation dispensés par un professionnel de la santé. Les méthodes de barrière comprennent les préservatifs externes et internes ainsi que les digues dentaires. Les barrières sont particulièrement efficaces pour prévenir les infections transmises par les fluides corporels, y compris la gonorrhée. Le dépistage, les tests et le traitement permettent la détection précoce et la prise en charge appropriée des infections, ce qui peut prévenir les complications et réduire la propagation de la gonorrhée. Il existe également certaines interventions émergentes qui pourraient s’avérer bénéfiques pour la prévention de la gonorrhée. Une intervention qui fait beaucoup parler d’elle est l’utilisation de la doxycycline pour la prévention des ITS. Vous en avez peut-être entendu parler sous les noms de Doxy-PPE (prophylaxie post-exposition à la doxycycline) et de Doxy-PPrE (prophylaxie pré-exposition à la doxycycline). Le CCN-ITSS a donné la priorité à l'élaboration de recommandations concernant l'utilisation de la doxycycline pour prévenir la chlamydia, la gonorrhée et la syphilis, et ce travail est en cours. Dans certaines provinces, notamment en Colombie-Britannique et au Québec, il existe déjà des recommandations concernant la Doxy-PPE que les cliniciens peuvent prendre en compte. Je tiens simplement à souligner que, pour la gonorrhée en particulier, les données disponibles ne démontrent pas de manière constante une efficacité préventive ; cela pourrait être lié au taux de fond de résistance à la tétracycline chez les cas de gonorrhée, qui est élevé au Canada. Tatum : Parfait. Merci beaucoup à vous deux, c'était un excellent aperçu de tous les facteurs complexes en jeu. Passons peut-être à notre prochaine question, qui touche également à la prévention, mais sous un angle légèrement différent. L'ASPC va-t-elle donc formuler des recommandations concernant la doxycycline pour prévenir la gonorrhée et, de manière générale, comment pouvons-nous suivre l'impact des lignes directrices sur la Doxy-PPE sur la résistance aux antimicrobiens de la gonorrhée ? Andrea : Peut-être pourrions-nous procéder dans l’ordre inverse pour celle-ci, et je vais commencer. Je réitère simplement ce que j’ai mentionné précédemment : le CCN-ITSS a donné la priorité à l’élaboration de recommandations concernant la prophylaxie à la doxycycline pour prévenir la gonorrhée, la chlamydia et la syphilis, et ce travail est en cours. Si vous résidez en Colombie-Britannique ou au Québec, il existe des recommandations provinciales auxquelles vous pouvez vous référer concernant la prophylaxie post-exposition à la doxycycline (Doxy-PPE). Je tiens à souligner à nouveau qu’il n’existe pas de données probantes cohérentes démontrant l’efficacité de cette intervention pour la prévention de la gonorrhée, et que son effet protecteur pourrait être lié aux taux de fond de résistance aux antimicrobiens, notamment à la tétracycline, qui sont assez élevés au Canada. Je vais peut-être passer la parole à Lillian pour qu’elle nous parle un peu de la façon dont nous pourrions surveiller l’effet de l’utilisation de la doxycycline sur la résistance aux antimicrobiens. Lillian : Merci, Andrea. Pourriez-vous passer à la diapositive suivante, s’il vous plaît ? Parfait. Bon, c’est une bonne question. Nous avons reçu beaucoup de bonnes questions. Merci à tous. Oui, comme mentionné, le NML mesure déjà la tétracycline. Et doxycycline fait partie de la famille des antibiotiques de la tétracycline. Il mesure donc déjà la résistance à la tétracycline dans la gonorrhée à l’échelle nationale et provinciale, et vous pouvez toujours en apprendre davantage à ce sujet dans les produits du PSAG. Grâce à la SARGA, nous sommes toutefois en mesure d’explorer les tendances de la résistance à la tétracycline chez des populations clés, comme celles susceptibles d’utiliser le Doxy-PPE. Ainsi, dans la diapositive devant vous, par exemple, vous pouvez voir les tendances de la résistance à la tétracycline de 2018 à 2022 et nous voyons qu’en 2022, près de 50 % des isolats prélevés sur des hommes ayant des GBHARSAH ont démontré une résistance à la tétracycline et que la prévalence est réduite d’environ la moitié chez les hommes hétérosexuels ainsi que chez toutes les femmes. Ainsi, à mesure que le Doxy-PPE continue d'évoluer, nous serons en mesure de surveiller la résistance à la tétracycline à l'aide de ces programmes. Tatum : Parfait. Merci beaucoup à vous deux. Malheureusement, nous sommes arrivés à la fin de notre session d’aujourd’hui, mais merci encore à tous ceux qui se sont joints à nous aujourd’hui, et un merci tout particulier à Lillian et Andrea pour leur temps et leurs commentaires. Pour rappel, vous recevrez un courriel après la séance contenant l'enregistrement, les diapositives et un court formulaire de commentaires. Nous apprécions vraiment vos commentaires. Au nom de l'Agence de la santé publique du Canada, merci encore de votre participation et nous avons hâte de vous revoir lors des prochaines séances de cette série. Sur ce, prenez soin de vous et passez une bonne fin de journée.
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