Ce webinaire explore la façon dont les estimations nationales de l’hépatite B (VHB) et C (VHC) de 2021 de l’Agence de la santé publique du Canada ont été utilisées pour promouvoir les messages de santé publique et orienter la défense des intérêts menée par la communauté. Dans le cadre de trois présentations complémentaires, vous apprendrez comment les données provenant de différentes sources fonctionnent ensemble pour fournir une meilleure image du VHB et du VHC au Canada ; comment les données ont été utilisées pour créer une campagne de marketing social réussie dirigée par CATIE ; et comment Action Hépatite Canada a utilisé les données pour élaborer des indicateurs permettant de suivre les progrès vers les objectifs d’élimination et de soutenir les efforts de planification et de plaidoyer.

Transcription

Cette transcription est une version traduite des sous-titres automatiques en anglais figurant dans les enregistrements. Il se peut que le texte ne corresponde pas exactement à l’audio de l’enregistrement en français et que des erreurs soient présentes dans les deux versions de la transcription.  

Marcus Wong : Bonjour à tous, je m’appelle Marcus Wong. Merci beaucoup de vous joindre à la série de webinaires sur les maladies transmissibles et la prévention des infections de l’Agence de la santé publique du Canada. Nous sommes ravis de vous accueillir aujourd’hui pour ce webinaire. 

Nous nous réunissons aujourd’hui sur une plateforme virtuelle, et je tiens tout d’abord à rappeler que, d’un océan à l’autre, nous nous trouvons tous sur le territoire non cédé et non abandonné des Inuits, des Métis et des Premières Nations. Je me trouve moi-même à Toronto, terre de nombreuses nations, notamment celles des Mississaugas de Credit, des Anishnabeg, des Chippewas, des Haudenosaunee et des Wendats.  

Alors que nous entamons les discussions d’aujourd’hui, rappelons-nous notre engagement à suivre la voie du partenariat et de l’amitié avec les peuples autochtones, et gardons à l’esprit l’importance de soins centrés sur la personne et respectueux de la culture, qui honorent les traditions, les langues, les cultures et les expériences des peuples autochtones. 

Une petite mise en garde : le webinaire d’aujourd’hui comprend des présentations de personnes extérieures à l’Agence et peut ne pas refléter les points de vue de l’Agence de la santé publique du Canada. À la suite du webinaire d’aujourd’hui, une copie des diapositives de présentation et de l’enregistrement, ainsi qu’un formulaire de commentaires, vous seront envoyés par la suite. Ce webinaire se déroulera en anglais. 

Vous pouvez accéder à l’interprétation simultanée en français en cliquant sur le bouton « Interprétation » dans le menu au bas de votre écran, comme vous le voyez sur cette diapositive en ce moment. Quelques remarques techniques également. Votre audio a été désactivé pour réduire le bruit et la vidéo est désactivée pour ce webinaire. 

Si vous rencontrez des problèmes techniques et avez besoin d’aide, vous pouvez nous joindre via la fonction de clavardage. N’hésitez pas à communiquer en anglais ou en français, et nous vous répondrons. Si vous avez des questions à poser aux présentateurs, veuillez les soumettre à l’aide de la fonction Questions et réponses, et nous nous efforcerons d’y répondre lors de la table ronde qui aura lieu à la fin de ce webinaire. 

Notez que vous pouvez cocher la case « Envoyer anonymement » si vous ne souhaitez pas que votre nom apparaisse avec vos questions dans la section Questions et réponses. Sur ce, permettez-moi de vous présenter les conférenciers de notre webinaire d’aujourd’hui.  

Tout d’abord, nous avons Laurence Campeau, épidémiologiste à la Section de la surveillance sur le terrain et des estimations des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) de la Division de la surveillance des ITSS à l’Agence de la santé publique du Canada, où elle contribue à la production d’estimations nationales sur l’hépatite virale. Elle a récemment passé un an à travailler avec Médecins sans frontières au Moyen-Orient, acquérant ainsi une expérience précieuse en épidémiologie de terrain et en intervention humanitaire. Avant de se joindre à la Division de la surveillance des ITSS, Laurence a suivi le Programme canadien d’épidémiologie de terrain, dans le cadre duquel elle a participé à des enquêtes sur des éclosions à l’échelle du pays. 

Fozia Tanveer est responsable de la programmation multilingue au CATIE et dirige le Programme ontarien sur l’hépatite C destiné aux immigrants et aux nouveaux arrivants. Depuis son immigration au Canada en 2011, Fozia œuvre à l’amélioration de l’équité en matière de santé pour les immigrants et les nouveaux arrivants par le biais de l’éducation multilingue, de programmes adaptés à la culture et de l’engagement communautaire. 

Enfin, la Dre Sofia Bartlett a suivi une formation doctorale en Australie à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud et a effectué un stage postdoctoral à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC). En 2021, elle a rejoint le Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique en tant que scientifique principale et occupe actuellement le poste de directrice scientifique par intérim des Services de prévention clinique. Elle est également professeure adjointe (associée) à l’École de santé publique et des populations de l’UBC, où elle dirige un programme de recherche appliquée en santé publique visant à identifier et à comprendre les lacunes en matière d’accès aux soins et les inégalités liées aux infections transmissibles sexuellement et par le sang. 

Ce sont donc eux qui seront nos trois panélistes aujourd’hui. 

Je vous invite à vous joindre à moi pour accueillir Laurence, qui va lancer la première présentation du webinaire d’aujourd’hui.  

Laurence Campeau : D'accord. Bonjour à tous et merci Marcus pour cette présentation. 

Comme mentionné, je m’appelle Laurence et je suis épidémiologiste au sein de la section des estimations et de la surveillance sur le terrain des ITSS. Aujourd’hui, je vais donc parler au nom de ma propre section ainsi que de la section de surveillance renforcée des ITSS, également connue sous le nom d’équipe Tracks, au sujet du travail que nous effectuons pour mesurer l’hépatite B et C au Canada. Pour commencer par quelques informations générales, la stratégie mondiale de l’OMS pour le secteur de la santé a fixé des objectifs pour l’élimination de l’hépatite virale en tant que menace pour la santé publique, et le Canada s’est engagé à atteindre ces objectifs. 

Cela nécessite donc un suivi des tendances épidémiologiques et de la charge de morbidité. Cependant, les systèmes de surveillance traditionnels, qui s’appuient sur les cas déclarés, peuvent sous-estimer la charge réelle de la maladie. Dans cette présentation, nous montrerons donc comment les méthodes d’estimation et les enquêtes bio-comportementales peuvent améliorer la surveillance traditionnelle et offrir une image plus complète de la charge réelle de la maladie. 

Nous allons donc commencer par un petit sondage à l’intention de tous. Le graphique sur la diapositive représente les cas d’hépatite C qui ont été déclarés au système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire entre 2012 et 2021. Notre question est la suivante : quels sont certains des défis que posent les systèmes de surveillance traditionnels pour saisir pleinement le véritable fardeau de la maladie ? 

Je vais vous laisser environ 30 secondes pour parcourir la liste des options et sélectionner celles qui, selon vous, s’appliquent. Il y a quatre options et vous devez sélectionner celles qui, selon vous, constituent des défis pour les systèmes de surveillance traditionnels lorsqu’il s’agit de saisir pleinement le fardeau de la maladie.  

D'accord. 

Nous avons donc quelques réponses ici. La plupart des gens ont choisi la première option, mais nous avons aussi pas mal de personnes qui ont choisi les autres. Nous allons donc examiner les réponses maintenant. 

Si vous avez sélectionné les trois premières réponses, vous aviez raison. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les systèmes traditionnels peuvent ne pas saisir l’ensemble du fardeau de la maladie. Cela inclut la sous-déclaration des cas, car certaines maladies peuvent être asymptomatiques pendant de nombreuses années. 

Il y a également une portée limitée auprès des patients clés, car ceux-ci font face à davantage d’obstacles pour accéder aux soins de santé. Il y a aussi un délai entre l’infection, le diagnostic et la déclaration qui peut aller jusqu’à plusieurs années pour certaines maladies. Et enfin, le dernier point est également en partie vrai dans le sens où les systèmes de surveillance traditionnels ne recueillent généralement que des informations démographiques de base ; or, sans informations sur la démographie et les comportements, nous ne pouvons pas pleinement comprendre le fardeau de la maladie dans toutes les populations, ce qui est très important, et nous en parlerons plus en détail plus tard. 

Je commencerai donc par vous présenter le travail effectué par la section de surveillance et d’estimation des ITSS pour mesurer les progrès du Canada vers l’élimination de l’hépatite virale. Tout d’abord, comment générons-nous ces estimations ? Nous utilisons une méthode appelée « méthode du cahier de travail ». 

Cette méthode intègre à la fois des données publiées et non publiées provenant de multiples sources. Je n’entrerai pas dans les détails concernant toutes les différentes sources qui alimentent ces estimations en raison de contraintes de temps, mais vous pouvez les voir ici sur la diapositive. Cela inclut notamment la modélisation mathématique, les revues systématiques de la littérature et les données fournies par des partenaires tels que l’équipe Tracks, dont nous parlerons plus en détail plus tard. 

Toutes ces données combinées nous permettent de recouper les informations et de générer des estimations de la prévalence, de l’incidence et de la sensibilisation à l’infection, ainsi que d’autres indicateurs d’élimination tels que la mortalité liée à l’hépatite. Enfin, nous collaborons également avec un groupe d’experts composé de spécialistes tels que des hépatologues, des épidémiologistes et des techniciens de laboratoire de partout au Canada, qui nous apportent leur soutien en examinant notre méthodologie et nos résultats. Je vais maintenant vous présenter certains des résultats issus de la dernière série d’estimations que nous avons produites pour l’année 2021. 

Tout d’abord, nous avons estimé la prévalence de l’hépatite B chronique à 0,7 %, ce qui équivaut à 262 000 personnes vivant avec la maladie. Quant à l’hépatite C chronique, la prévalence estimée était légèrement inférieure, à 0,6 %, soit 214 000 personnes vivant avec la maladie. La prévalence de l’ e au sein de la population générale peut donc sembler faible, mais nous savons que certaines populations sont touchées de manière disproportionnée en raison d’inégalités sociales et structurelles. 

C'est pourquoi il est important pour nous, à l'Agence de la santé publique du Canada, d'adopter une approche axée sur l'équité. Sur cette diapositive, nous présentons donc les principaux groupes pour lesquels nous avons pu estimer la prévalence de l'hépatite B. Ainsi, l'hépatite B est particulièrement répandue chez les immigrants provenant de pays où la maladie est courante. 

Nous estimons qu’environ 237 000 immigrants au Canada vivent avec la maladie. La prévalence était également plus élevée chez les hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes que dans la population générale, avec une prévalence de 1,4 %. Enfin, nous avons estimé la prévalence chez les personnes incarcérées dans les prisons fédérales à 0,3 %. 

Quant à l’hépatite C, nous avons pu mesurer la prévalence chez un total de huit populations clés. Dans cette diapositive, nous n’avons donc inclus que les trois populations clés présentant la prévalence la plus élevée, mais nous vous invitons à consulter notre infographie sur canada.ca pour obtenir des informations sur les autres populations clés. Nous mettrons le lien dans le clavardage pour que tout le monde puisse le consulter s’il le souhaite. 

La prévalence était donc la plus élevée chez les personnes qui s’injectent actuellement des drogues, avec environ 37 %, suivies des personnes ayant déjà consommé des drogues par voie intraveineuse, avec 18 %, puis des personnes incarcérées dans les prisons provinciales, avec une prévalence d’environ 5 %. Nous avons également estimé la proportion de personnes atteintes d’hépatite B et C qui ont reçu un diagnostic, ce qui constitue l’un des objectifs définis dans la stratégie mondiale du secteur de la santé. Nous avons estimé que 58 % des personnes atteintes d’hépatite B chronique et 59 % des personnes atteintes d’hépatite C chronique avaient reçu un diagnostic. 

Ces estimations suggèrent donc que nous sommes très près d’atteindre l’objectif de 60 % fixé pour 2025. Cependant, l’objectif pour 2030 est de 90 %. Nous avons donc encore du travail à faire pour améliorer la sensibilisation à l’hépatite virale. 

Un autre indicateur de l’élimination est l’incidence. Nous n’avons pu mesurer celle-ci que pour l’hépatite C. D’après nos estimations, l’incidence en 2021 était de 21 infections pour 100 000 personnes. 

Ce chiffre est encore bien supérieur à l’objectif habituel de 13 cas pour 100 000 habitants. Cela signifie donc que le Canada a encore du travail à faire pour réduire l’incidence de l’hépatite C. Nous allons maintenant parler du travail réalisé par l’équipe TRACKS, qui assure une surveillance renforcée des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au sein des populations clés au Canada. 

Pour ceux qui ne connaissent pas les enquêtes TRACKS, il s’agit d’un système national qui surveille le VIH, l’hépatite et d’autres ITSS, ainsi que les facteurs connexes, au sein des populations clés. Cela se fait par le biais d’enquêtes bio-comportementales. Les participants remplissent un questionnaire portant notamment sur leurs comportements, leur accès au traitement et les déterminants sociaux de la santé. 

Ils fournissent également un échantillon biologique, généralement sous forme de goutte de sang séché, qui est ensuite testé pour le VIH et l’hépatite. Récemment, TRACKS a mené deux enquêtes. La première visait les personnes qui s’injectent des drogues. 

Près de 2 300 participants ont été recrutés dans différents lieux, tels que les services de réduction des méfaits à travers le pays. Ce travail s’est achevé en mai 2025. La deuxième enquête a été menée auprès de personnes bispirituelles, gais, bisexuelles, queer, transgenres et non binaires. 

Près de 5 000 personnes ont été recrutées par l’intermédiaire de différents lieux et événements, tels que les festivals de la Fierté. Ce travail s’est déroulé de juin à septembre 2024. L’équipe de Tracks a donc pu partager certains résultats préliminaires de ce travail. 

Parmi les personnes qui s’injectent des drogues, la proportion de celles qui ont déclaré avoir déjà eu l’hépatite B était de 2,4 %. Et la proportion de celles qui ont déclaré avoir déjà eu l’hépatite C était de 54 %. Et puis, dans l’ensemble, environ 12 % ont déclaré être actuellement atteintes de l’hépatite C. 

À l’heure actuelle, ces données sont uniquement issues d’auto-déclarations, ce qui signifie qu’elles sous-estiment probablement la prévalence réelle. Une fois que nous aurons les résultats des tests, nous pourrons également examiner la proportion de personnes atteintes de la maladie mais qui l’ignorent. Parmi celles qui ont déclaré avoir l’hépatite C, environ 50 % avaient un prestataire de soins pour l’hépatite C et un peu plus d’un tiers avaient déjà pris des médicaments contre l’hépatite C. Ces informations nous permettent donc d’identifier les personnes qui vivent avec l’hépatite mais qui n’ont pas reçu de traitement, et d’examiner certaines de leurs caractéristiques, ce qui peut nous aider à cibler nos interventions et nos politiques. Nous disposons également de données autodéclarées issues de l’enquête menée auprès des personnes 2EGBTQ+. 

Les résultats montrent qu’environ 2,8 % des personnes ont déclaré avoir déjà eu l’hépatite C et que 0,3 % ont indiqué vivre actuellement avec la maladie. Une fois encore, nous pourrons valider ces informations dès que nous aurons les résultats des tests, ce qui nous donnera un aperçu du niveau de sensibilisation, et nous pourrons également les relier aux caractéristiques démographiques et aux comportements. Enfin, nous avons également posé des questions sur le statut vaccinal. 

Environ 30 % des personnes ont déclaré ne pas avoir été vaccinées et 26 % ne savaient pas, ce qui suggère que la couverture vaccinale pourrait être améliorée. En conclusion, nous sommes en mesure de mesurer les progrès vers l’élimination de l’hépatite virale pour huit des 15 cibles mondiales. D’après nos estimations, le Canada a atteint ou est en voie d’atteindre six de ces cibles pour 2025. 

Cependant, les progrès sont inégaux. Ainsi, par exemple, l’incidence de l’hépatite C est encore trop élevée, ce qui souligne la nécessité d’interventions plus soutenues et ciblées. Nous avons également constaté que les enquêtes bio-comportementales jouent un rôle déterminant dans la mesure du fardeau de l’hépatite chez les patients. 

Il subsiste toutefois d’importantes lacunes et des données supplémentaires seront nécessaires pour évaluer pleinement les progrès du Canada vers l’élimination.  

Merci.  

Et je serai ravie de répondre à vos questions à la fin. 

Fozia Tanveer : Bon. Je peux enfin partager ma diapositive. Bonjour à tous. 

Je m’appelle Fozia Tanveer et je suis responsable de la programmation multilingue chez CATIE. Je vais vous présenter la nouvelle campagne de marketing social de CATIE, intitulée « Routine Practice ». Je suis ravie de vous expliquer comment nous utilisons les données nationales pour alimenter cette campagne qui favorise l’équité en matière de santé pour les immigrants et les nouveaux arrivants. 

Ma présentation d’aujourd’hui montrera le pouvoir des données pour sensibiliser les prestataires de services au dépistage de l’hépatite B et C chez les immigrants et les nouveaux arrivants provenant de pays où l’hépatite est courante. Mais avant de commencer, je tiens à préciser que je participe à ce webinaire depuis Toronto, le territoire traditionnel de la Première Nation des Mississaugas de Credit, des Haudenosaunee, des Six Nations et des Hurons-Wendats. Je tiens également à souligner que le travail d’éducation et de sensibilisation de CATIE se déroule sur les terres autochtones à travers le pays. 

Nous nous efforçons d’honorer la présence continue et la résilience des peuples autochtones de ces terres en abordant ce travail de manière respectueuse.  

Commençons donc par quelques faits de base. L’hépatite B et l’hépatite C sont des maladies graves, mais évitables. 

L’hépatite B peut être prévenue grâce à un vaccin sûr et efficace. Bien qu’il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C, l’infection peut être évitée en évitant tout contact avec du sang infecté, principalement grâce à des pratiques d’injection sécuritaires et à une stérilisation adéquate du matériel médical, dentaire et chirurgical. La bonne nouvelle, c’est que l’hépatite C est désormais guérissable grâce à un traitement de 8 à 12 semaines à base d’antiviraux à action directe. 

Certains groupes d’immigrants au Canada, en particulier ceux provenant de pays où l’hépatite B et C sont courantes, sont quatre fois plus susceptibles d’avoir l’hépatite C et six fois plus susceptibles d’avoir l’hépatite B que la population née au Canada. Malgré ces disparités, les immigrants et les nouveaux arrivants sont souvent laissés de côté lors du dépistage de routine. Notre campagne vise à changer cela en encourageant les prestataires de soins de santé de première ligne à dépister régulièrement leurs clients immigrants et nouveaux arrivants. 

Ainsi, lorsque nous avons commencé à élaborer cette campagne, les estimations les plus récentes sur l’hépatite B et C issues des données de surveillance de 2021 de l’Agence de la santé publique du Canada n’étaient pas encore accessibles au public. Cependant, en tant que courtier en échange de connaissances sur le VIH et l’hépatite C au Canada, CATIE a conclu une entente de partage de connaissances avec l’Agence. Nous avons donc pu accéder à des données non publiées qui ont joué un rôle clé dans l’élaboration de notre stratégie de campagne et de nos messages. 

Les statistiques convaincantes qui ont ancré la campagne et que j’ai partagées plus tôt, montrant que les immigrants et les nouveaux arrivants sont quatre fois plus susceptibles d’avoir l’hépatite C et six fois plus susceptibles d’avoir l’hépatite B, n’auraient pu être obtenues que grâce à cette collaboration.  

Ce partenariat était essentiel, car nous étions déterminés à fonder notre campagne sur les données les plus récentes, un point sur lequel je reviendrai un peu plus tard dans ma présentation. L’Agence de la santé publique du Canada a publié une infographie mentionnée par Laurence dans sa présentation, intitulée « Estimations de l’hépatite virale chez les populations clés au Canada 2021 ». 

Nous avons reporté le lancement de la campagne jusqu’à ce que cette infographie soit rendue publique afin de pouvoir y ajouter un lien sur le site Web de notre campagne. Il s’agissait d’une étape importante pour établir la confiance et la crédibilité auprès de notre public. Cette infographie offre un aperçu des régions où le fardeau de l’hépatite est le plus lourd au Canada. 

Les immigrants et les nouveaux arrivants en provenance de pays où les hépatites B et C sont courantes font partie des populations clés. Ces données nous ont fourni les preuves dont nous avions besoin pour encourager les prestataires de services à donner la priorité au dépistage systématique chez les immigrants et les nouveaux arrivants.  

Si vous souhaitez consulter cette infographie, le lien se trouve dans le clavardage. 

Voilà pour le contexte. Passons maintenant à la campagne elle-même. Comme je l’ai mentionné plus tôt, « Routine Practice » est une campagne de marketing social élaborée par CATIE en partenariat avec Pointlink Creative et financée par le ministère de la Santé de l’Ontario. 

La campagne vise à changer la façon dont les professionnels de la santé de première ligne abordent le dépistage de l’hépatite B et C. Au lieu de se fier aux symptômes ou à la divulgation des facteurs de risque, elle promeut le dépistage systématique comme pratique standard, en particulier pour les immigrants et les nouveaux arrivants provenant de régions où l’hépatite virale est courante. Ainsi, avant de finaliser le concept créatif de la campagne, nous voulions comprendre quel type de message encouragerait le plus efficacement les professionnels de la santé à adopter le dépistage systématique, afin de nous assurer que la campagne trouve un écho auprès des prestataires de services. 

Nous avons testé trois approches de communication différentes auprès d’un échantillon de travailleurs de première ligne en Ontario. La première approche était celle des « faits bruts », que nous avons finalement choisie pour cette campagne. La deuxième approche que nous avons envisagée était celle de la relation de cause à effet, et la troisième option consistait en des témoignages personnels. 

Ainsi, lorsque les résultats de la recherche ont été connus, l’approche « faits bruts » s’est clairement imposée. Les professionnels de la santé préféraient des informations directes et non stigmatisantes qui respectaient leur temps et leur expertise et les aidaient à prendre des décisions cliniques. Il est intéressant de noter que, bien que les récits personnels aient eu un fort impact émotionnel, ils n’ont pas incité à l’action aussi efficacement que les messages fondés sur des données. 

Cette même étude nous a également appris que la manière dont nous présentons le problème a une grande importance. Certains messages ont involontairement suscité un sentiment anti-immigrants. Nous avons donc pris soin d’éviter tout langage présentant les immigrants comme un groupe à risque. 

Nous nous sommes plutôt concentrés sur les lacunes systémiques et géographiques en matière de dépistage. Nous avons également mis l’accent sur les solutions plutôt que sur les problèmes. Cela a contribué à réduire les préjugés et s’est aligné sur notre approche porteuse d’espoir et d’autonomisation. 

J'aimerais maintenant vous montrer une courte vidéo de la campagne pour vous donner un aperçu de notre travail.  

Acteur jouant le rôle d’un médecin : On ne vous a jamais fait passer de test de dépistage de l'hépatite B. Et pourtant, vous avez immigré d'un pays à forte prévalence. 

Actrice jouant le rôle d’une patiente : Et ma probabilité d’être testé positif est six fois supérieure à la moyenne canadienne.  

Acteur jouant le rôle d’un médecin : C’est presque comme si le dépistage devait être une pratique de routine.  

Fozia : D'accord. 

C'était donc l'une des courtes vidéos.  

Au cours des trois premiers mois, cette campagne numérique a généré 7,2 millions d’impressions publicitaires. Sur LinkedIn, nous avons atteint un taux de clics très élevé, bien supérieur à la moyenne du secteur. 

Plus de 5 000 nouveaux utilisateurs ont visité le site Web de notre campagne, ce qui témoigne d’un engagement fort. Ces résultats indiquent que les professionnels de la santé et les organismes de services s’intéressent non seulement à ces informations, mais aussi que le message de la campagne était convaincant. Pour visionner les deux autres vidéos, veuillez visiter le site Web de notre campagne ; vous trouverez les URL dans le chat. 

Avant de conclure ma présentation, j’aimerais mettre en avant certaines des ressources de CATIE pour la Journée mondiale contre l’hépatite. Nous avons créé une page Web dédiée à la Journée mondiale contre l’hépatite, contenant des informations et des ressources à jour sur l’hépatite C. Vous pouvez accéder à cette page à partir des URL disponibles dans le chat. 

Elle comprend des infographies téléchargeables, des trousses pour les médias sociaux et des fichiers multimédias. Ces outils sont conçus pour être conviviaux et faciles à partager. Nos dernières ressources sur l’hépatite C sont disponibles gratuitement auprès du centre de commande de CATIE. 

Je vous rappelle que le lien se trouve dans le clavardage et que vous pouvez les commander pour vos événements de la Journée mondiale contre l’hépatite ou pour vos activités régulières d’éducation et de sensibilisation. Voilà qui conclut ma présentation.  

Merci beaucoup de votre attention et j’espère que ces informations sur la nouvelle campagne et les ressources de CATIE vous seront utiles dans votre travail. 

Voici mes coordonnées. Si vous avez besoin de plus d’informations sur notre travail, n’hésitez pas à nous contacter. Merci beaucoup pour votre temps et votre engagement en faveur de l’équité en santé, et je serai également ravie de répondre à vos questions à la fin. 

Sofia Barlett : Merci, Fozia.  

Je vais simplement partager mon écran.  

D'accord. Je vais maintenant vous présenter un exemple légèrement différent de la façon dont les estimations nationales sur l’hépatite B et C ont été utilisées.  

Je vais vous expliquer comment ces estimations produites par l’Agence de la santé publique du Canada peuvent soutenir le suivi communautaire des progrès vers l’élimination de l’hépatite virale. Avant d’aller plus loin dans ma présentation, j’aimerais commencer par reconnaître que je suis une occupante non invitée sur les territoires traditionnels et ancestraux jamais cédés des Musqueam, des Squamish et des Tsleil-Waututh. 

Je me joins à vous aujourd’hui depuis les bureaux du Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique, dans ce qu’on appelle sous le régime colonial « Vancouver ». Je reconnais le titre et les droits des Premières Nations qui ont toujours pris soin et entretenu les terres, l’air et les eaux qui m’entourent, et dont nous occupons le territoire dans ce qu’on appelle colonialement la Colombie-Britannique. Je vais donc parler un peu des stratégies et des cibles d’élimination de l’hépatite qui ont été publiées et approuvées au cours des dernières années. 

Et si je souhaite commencer par ce contexte, c’est parce que l’élimination de l’hépatite est en réalité une cible quelque peu mouvante, car au cours de la dernière décennie, différentes stratégies ont en fait inclus ou approuvé des objectifs légèrement différents. Et ces objectifs sont importants, car ils devraient définir les indicateurs que nous surveillons afin de déterminer si nous sommes sur la bonne voie pour parvenir à l’élimination. Je vais donc commencer par ce contexte, puis je parlerai un peu des rapports d’Action Hépatite Canada publiés au cours des dernières années. 

et en quelque sorte de leurs objectifs. Ensuite, je vous expliquerai comment nous avons sélectionné les indicateurs inclus dans les rapports d’Action Hepatitis Canada afin de suivre les progrès vers l’élimination de l’hépatite à travers le Canada, et comment les estimations nationales sur l’hépatite virale de l’Agence de la santé publique du Canada ont été utilisées par Action Hepatitis Canada, tant dans le cadre des indicateurs qu’ils surveillent que pour éclairer certains de leurs autres travaux. D’accord. 

Commençons donc par un peu de contexte sur l’élimination de l’hépatite virale et les indicateurs de surveillance. En général, bon nombre de ces stratégies de santé publique de très haut niveau, comme l’objectif d’éliminer l’hépatite virale en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030, suivent une formule où l’on a un objectif. 

Il s’agit donc de quelque chose que nous voulons réaliser, puis un objectif est fixé pour nous aider à atteindre ce but. Ensuite, nous identifions et élaborons une stratégie, c’est-à-dire la manière dont nous allons atteindre cet objectif, puis nous définissons des mesures qui nous aideront à savoir si notre stratégie fonctionne réellement ou non. Ce processus est souvent abrégé sous le nom de cadre OGSM. 

Selon l’endroit où nous nous trouvons dans le monde et peut-être même la langue que nous parlons, il existe de nombreuses façons de dire la même chose. Parfois, les termes « objectif » et « but » sont utilisés de manière interchangeable. Parfois, les termes « mesure », « indicateur » ou « paramètre » sont également utilisés de manière interchangeable. 

Et, en substance, ce sont tous les mêmes concepts. Les objectifs visant à éliminer l’hépatite virale en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030, comme je l’ai mentionné, ont été définis dans de multiples stratégies, cadres, rapports et déclarations mondiaux et nationaux, et la plupart des objectifs sont les mêmes dans toutes ces différentes stratégies. 

Cependant, il arrive parfois que les mesures, les indicateurs ou les métriques proposés dans une stratégie ou un cadre pour évaluer les progrès vers la réalisation des buts varient légèrement. Et dans bien des cas, bien que les mesures proposées soient très bien pensées et qu’elles nous aideraient vraiment à savoir si la stratégie que nous mettons en œuvre atteint l’objectif souhaité, ces mesures sont en réalité souvent très difficiles à évaluer. Et surtout, si l’on repense à ce que Laurence présentait tout à l’heure, nous devons souvent recourir à de la modélisation ou à d’autres méthodes pour générer ces mesures, qui sont en fait des estimations plutôt que des chiffres exacts. 

Et donc, bien souvent, selon le cadre ou la stratégie que nous essayons de suivre, on ne sait pas vraiment très bien ce qu’il faut mesurer pour savoir si on est sur la bonne voie ou non. Pour illustrer un peu mon propos, j’aimerais vous présenter un bref aperçu chronologique des différentes stratégies mondiales et nationales de lutte contre l’hépatite virale, qui visent toutes à atteindre cet objectif fixé pour 2030. En 2010, l’Assemblée mondiale de la Santé, c’est donc le forum où tous les représentants des différents pays qui font partie de l’Organisation mondiale de la Santé, ils vont voter sur différentes résolutions, a adopté une résolution sur la lutte contre l’hépatite virale. 

En 2010, une résolution sur la lutte contre l’hépatite virale a été adoptée par l’Assemblée mondiale de la santé.  

Puis, en 2014, une résolution très ferme a été adoptée, appelant à l’élimination de l’hépatite virale en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030.  

Et c'est en quelque sorte cette résolution de 2014 qui a donné le coup d'envoi de tout ce vers quoi nous tendons actuellement. 

Ainsi, en 2016, l’Organisation mondiale de la santé a lancé ce qu’elle a appelé la stratégie mondiale du secteur de la santé sur l’hépatite virale. Cette stratégie visait à proposer des activités et des mesures à mettre en œuvre entre 2016 et 2021 afin d’amorcer le mouvement vers l’élimination de l’hépatite virale d’ici 2030. Elle a défini certains objectifs dans cette stratégie. 

Il y avait des cibles préliminaires pour 2025, puis des objectifs généraux et des cibles à atteindre si ces objectifs étaient réalisés d’ici 2030. Cela a alors incité les pays qui avaient adopté ou ratifié cette résolution de l’Assemblée mondiale de la santé à commencer à élaborer leurs propres stratégies pour s’aligner sur cette stratégie mondiale pour le secteur de la santé. L'Agence de la santé publique du Canada a donc élaboré ce cadre d'action pancanadien sur les ITS et les infections transmissibles sexuellement (ITS) visant à réduire l'impact des ITSS sur la santé au Canada d'ici 2030. 

Et elle a intégré tous les objectifs de la stratégie du secteur de la santé sur l’hépatite virale dans ce cadre d’action pancanadien sur les ITSS et les infections virales. Puis l’OMS a commencé à se rendre compte qu’il faudrait peut-être aider un peu plus tout le monde à surveiller et à évaluer si leurs stratégies de lutte contre l’hépatite atteignaient les objectifs fixés dans la stratégie mondiale du secteur de la santé. Elle a donc produit ce guide d’information stratégique consolidé sur l’hépatite virale, qui définit des lignes directrices sur la manière de surveiller et d’évaluer les actions menées dans le cadre de la stratégie de lutte contre l’hépatite virale. 

Peu de temps après, le gouvernement du Canada a publié son plan d’action quinquennal sur les ITSS. Il s’agissait du premier plan d’action quinquennal précisant les priorités du gouvernement du Canada dans le cadre d’action sur les ITSS. Le Réseau canadien de lutte contre l’hépatite C (CanHepC) a également produit un plan directeur destiné à guider les provinces et les territoires dans l’élaboration de leurs propres stratégies visant à éliminer l’hépatite C au Canada d’ici 2030. 

Maintenant, le plan directeur de CanHepC a pris des orientations légèrement différentes par rapport à la manière dont les cibles avaient été définies, par exemple, dans la stratégie mondiale du secteur de la santé sur l’hépatite virale. C’est donc l’un des premiers domaines où nous avons commencé à constater une certaine divergence. La stratégie mondiale du secteur de la santé sur l’hépatite virale a ensuite été actualisée en 2022. 

Elle vise à définir les mesures et les activités de 2022 à 2030 afin que tous les acteurs atteignent ces objectifs d’ici 2030. Les cibles pour 2025 et 2030 ont été révisées. À première vue, elles peuvent sembler pratiquement identiques, mais il existe des différences clés. 

Et bien sûr, le plan d’action du gouvernement du Canada sur les ITSS a également été actualisé en 2024, mettant en évidence les priorités du gouvernement du Canada de 2024 à 2030. Les cibles n’ont pas changé. Elles sont les mêmes, mais les activités ou les priorités sont différentes. 

Donc, encore une fois, si l’on se place du point de vue de la communauté, comment pourrions-nous surveiller et nous assurer que les mesures prises par le gouvernement du Canada permettent réellement d’atteindre les objectifs visés ? 

Et, vous savez, il y a évidemment des efforts provinciaux et nationaux entrepris par les gouvernements provinciaux et nationaux ainsi que par les organismes gouvernementaux pour pouvoir surveiller et évaluer les progrès vers ces objectifs. Mais du point de vue de la communauté, il s’agit vraiment de pouvoir vérifier de manière indépendante que les progrès dont nous parlons, que ce soit en santé publique ou au sein du gouvernement, correspondent bien à ce que la communauté constate elle-même. 

C'est un élément très important pour renforcer la confiance de la communauté et pour assurer la responsabilité. Ainsi, la communauté est en mesure de demander des comptes au gouvernement et aux partenaires de la santé publique quant aux engagements qu'ils ont pris. C'est un élément très important des stratégies globales que nous mettons en œuvre, et c'est en fait également un point souligné dans la stratégie mondiale du secteur de la santé sur l'hépatite virale. 

Il s’agit des mêmes informations.  

Malheureusement, nous n’avons pas pu les avoir à la fois en français et en anglais. Je vais donc laisser cela ici un instant pour notre public francophone. 

Ces diapositives seront également partagées par la suite.  

Donc, juste pour illustrer exactement comment les cibles ont changé par rapport à la stratégie mondiale du secteur de la santé sur l’hépatite virale publiée pour la première fois en 2016, par rapport à la stratégie mondiale du secteur de la santé publiée en 2022, et où nous avons constaté certaines divergences qui nous ont amenés à modifier nos indicateurs. Les cibles de la première stratégie comprenaient une cible intermédiaire pour 2030. 

Il y avait un pourcentage d’infections qui devaient être diagnostiquées. Une réduction proportionnelle des nouveaux cas pour l’hépatite B et l’hépatite C. Et puis il y avait aussi un objectif mondial en nombre absolu pour le nombre de personnes qui commenceraient un traitement. 

Puis, pour les objectifs finaux de 2030, ils ont inversé la tendance.  

Il s’agissait donc d’un objectif proportionnel pour les infections diagnostiquées, les personnes admissibles traitées, puis une réduction des nouveaux cas. Et l’un des principaux éléments qui a semé la confusion chez ceux qui ont tenté d’examiner les objectifs de suivi pour l’élimination de l’hépatite est qu’aucune définition n’a jamais été fournie de ce que l’on entendait par « personnes admissibles traitées ». 

S'agissait-il de toutes les personnes atteintes d'une hépatite virale chronique, ou de toutes celles qui, en plus d'être testées et diagnostiquées, sont également traitées ? C'est donc le dénominateur à partir duquel nous voulons calculer ce rapport. Il est en fait très important de savoir quel est ce dénominateur, et dans cette stratégie initiale, il n'était pas défini. 

Puis, dans la stratégie de 2022, les cibles intermédiaires pour 2025 ont été révisées. Il y a donc ces cibles proportionnelles concernant les infections diagnostiquées et les personnes vivant avec une infection qui sont traitées. La formulation a donc changé. 

Au lieu de parler de « personnes admissibles traitées », on parle désormais de « personnes vivant avec une infection qui sont traitées ». C'est un dénominateur beaucoup plus clair. Nous savons exactement ce qui se trouvera au bas de cette proportion. 

Et puis, nous avons également cette nouvelle façon de mesurer la réduction du nombre de nouveaux cas. Nous avons donc maintenant ces cibles absolues pour les incidences brutes. Ainsi, une cible préliminaire pour 2025, puis une cible pour 2030 de deux nouveaux cas d’hépatite B et cinq nouveaux cas d’hépatite C diagnostiqués pour 100 000 habitants. 

Donc, si vous imaginez que vous publiiez un rapport en 2021 dans lequel vous essayez de mesurer les cibles en vue de l’élimination de l’hépatite, vous vous seriez basé sur ces cibles. Et si vous commencez ensuite à travailler sur une nouvelle version du rapport après 2022, vous devez maintenant changer. Cela a donc été un défi. 

Il y a peut-être un peu de perturbation ou un manque de continuité, mais cela reste réalisable. Il est simplement important de comprendre que nous ne mesurons plus exactement la même chose aujourd’hui. 

C'est là qu'interviennent les rapports d'étape d'Action Hépatite Canada. Pour ceux qui ne connaissent pas, Action Hépatite Canada est une coalition nationale d'organismes communautaires qui luttent contre l'hépatite virale. Elle vise à mobiliser les décideurs gouvernementaux et la société civile partout au Canada pour promouvoir la prévention de l'hépatite, améliorer l'accès aux soins et aux traitements, et accroître les connaissances et l'innovation. 

sensibiliser la population aux questions de santé publique, renforcer les capacités des professionnels de la santé et soutenir les groupes et les initiatives communautaires. En 2020, le comité directeur d’Action hépatite Canada, composé de représentants des organisations membres, a approuvé un plan visant à élaborer son propre rapport, dont l’objectif serait de mesurer et de suivre les progrès accomplis vers l’atteinte des objectifs d’élimination de l’hépatite à l’échelle du Canada, dans chacune des provinces et des territoires.  

Il s'agirait d'un effort de suivi et d'évaluation mené par les communautés, qui pourrait ensuite servir d'outil de plaidoyer et de planification utilisé par les organisations au niveau local, qu'elles soient situées dans les provinces et les territoires et qu'elles desservent la population de cette région, ou même au niveau local dans une ville. 

Ils pourraient alors utiliser ce rapport soit pour la planification, soit pour demander du financement, soit pour évaluer leurs propres efforts, soit pour faire de la sensibilisation auprès des responsables politiques et des décideurs. Le premier rapport a donc été publié en 2021. Ce rapport inaugural comprenait un ensemble d’indicateurs que nous pensions à l’époque être standardisés et qui seraient mesurés pour chaque province et territoire ainsi que pour les domaines de compétence fédérale liés à l’élimination de l’hépatite virale. 

Il a donc été publié en 2021. L’objectif était de publier un rapport tous les deux ans et, entre-temps, de mener une analyse plus approfondie et ciblée sur un domaine particulier. Ainsi, le premier rapport spécial publié portait sur la santé en milieu carcéral et examinait la prévention, le diagnostic et les soins de l’hépatite C dans les établissements correctionnels à travers le Canada. 

Le rapport de 2023 a ensuite été publié et, si vous vous souvenez de la chronologie que je vous montrais tout à l’heure, c’était après la publication de la nouvelle stratégie mondiale du secteur de la santé pour l’hépatite. C’est donc à ce moment-là que nous avons dû mettre à jour nos indicateurs standardisés afin de les aligner sur ces nouveaux objectifs de l’OMS. Nous avons donc dû quelque peu réorganiser les choses. 

Puis il y a eu le rapport spécial sur la santé des immigrants, produit en 2024. Et cela nous amène à 2025. Il s’agissait du troisième rapport semestriel sur les progrès vers l’élimination de l’hépatite virale au Canada, préparé par Action Hépatite Canada. 

Nous partagerons le lien pour que vous puissiez y accéder si ce n’est pas déjà fait. Cela me rappelle en quelque sorte un traumatisme un peu refoulé, car en 2020, lorsque j’ai commencé à travailler avec Jennifer van Gennip et Janet Butler McPhee pour aider à rédiger ce rapport, nous étions guidés par les cibles de la stratégie de 2016. 

Nous essayions également de nous aligner sur le plan d’action pancanadien sur les ITSS ainsi que sur le plan d’action CanHepC. Nous nous sommes alors mis à nous tordre en quatre pour trouver des moyens d’établir des cibles standardisées, mesurables tous les deux ans, qui aideraient à harmoniser tous ces éléments. Il a été très difficile de concilier cela avec les données dont nous disposions. 

Nous avons donc dû évaluer dans quelle mesure les indicateurs seraient interprétables et s’ils étaient pertinents au niveau local. Ce que nous avons proposé et ce que nous avons finalement inclus dans le rapport ne correspond pas exactement à l’une ou l’autre de ces trois stratégies ou plans d’action. Nous avons dû faire des compromis en fonction des données réellement disponibles. 

Les estimations nationales sur l’hépatite récemment publiées par l’Agence de la santé publique du Canada ont permis de combler certaines des lacunes dans nos données. Mais nous avons également dû déterminer si les indicateurs avaient réellement un sens ou une pertinence dans les contextes locaux. Je pense donc que c’est de mon point de vue, puisque je travaille en santé publique et que nous surveillons certains indicateurs et objectifs pour la Colombie-Britannique liés à l’élimination de l’hépatite. 

Nous avons en quelque sorte les cibles que nous allons mesurer du point de vue de la santé publique. Nous avons nos priorités. Il est vraiment important que la communauté ait ensuite la capacité et la possibilité de choisir les cibles qui ont du sens pour elle. 

Ainsi, lorsque l’Agence de la santé publique du Canada produit des estimations, comme celles sur l’hépatite virale qui ont été récemment établies, cela donne à la communauté les outils pour les utiliser et les transformer en quelque chose qui a une signification pour elle au niveau de l’ . Et cela signifie simplement que, vous savez, lorsque nous créons des indicateurs et que nous les examinons, il y a toujours, comme l’a mentionné Laurence, des limites à ce que nous mesurons. Et si nous mesurons les choses sous différents angles, cela nous donne l’occasion de recouper les données. 

Et c’est probablement en étant capables de trianguler à partir de différents angles et de différentes perspectives que nous aurons le plus de chances d’obtenir une idée précise de ce qui se passe réellement. Il est donc vraiment important que nous ne nous contentions pas de mesurer nos objectifs de santé publique. Nous devons également permettre à la communauté de mesurer et de suivre les progrès. 

Les indicateurs que nous avons récemment inclus dans le rapport d’étape sur l’élimination de l’hépatite sont donc ces six indicateurs-ci. Le premier est l’incidence des nouveaux cas d’hépatite B et d’hépatite C signalés. Ces données ont pu être extraites des rapports provinciaux et, pour cet indicateur, nous avons modifié la façon dont nous le mesurions entre le premier rapport et les deux suivants ; il est désormais mesuré en tant qu’incidence brute et, espérons-le, ne changera plus. Certains de ces autres indicateurs s’apparentent davantage à des indicateurs d’évaluation des politiques : s’il existe un plan ou une stratégie d’élimination de l’hépatite en place dans la juridiction, la province, le territoire ou au niveau fédéral concernés. 

Si les tests recommandés sont disponibles, si les traitements recommandés sont disponibles, à qui ils s’adressent et comment les gens peuvent y accéder. Puis, cet indicateur très important que j’ai surligné en jaune : le nombre annuel de prescriptions de traitements contre l’hépatite C. Lors de la première publication du rapport d’Action Hépatite Canada, l’organisme a dû utiliser des données privées achetées auprès d’IQVIA pour mesurer cet indicateur. 

Cependant, les estimations les plus récentes publiées par l’Agence de la santé publique du Canada fournissaient en fait le nombre de prescriptions de traitements à l’échelle nationale. C’est donc ce qu’Action Hépatite Canada est désormais en mesure d’utiliser pour établir cet indicateur. Ils examinent également si des mesures préventives sont disponibles. 

Juste pour donner un exemple concret de l’utilisation des estimations nationales. Laurence l’a expliqué bien mieux que je ne le ferai, mais vous savez, quand on regarde le nombre de cas d’hépatite B ou d’hépatite C qui sont réellement signalés, c’est en quelque sorte la pointe de l’iceberg. Cela ne reflète pas nécessairement l’ampleur réelle de la transmission ou la prévalence de ces infections. 

Ainsi, l’indicateur que le rapport d’Action Hépatite Canada inclut actuellement ne concerne que les cas déclarés. Alors que la nouvelle Agence de la santé publique du Canada estime que ses chiffres refléteront beaucoup mieux le nombre réel d’infections dans les différentes juridictions et régions. Nous allons donc commencer à réfléchir, à la manière dont les indicateurs du rapport semestriel d’Action Hépatite Canada pourraient être légèrement modifiés pour utiliser les indicateurs de l’ASPC. 

Ces indicateurs sont également largement utilisés dans les rapports spéciaux produits par Action Hepatitis Canada, en particulier les estimations de référence pour les populations clés. Et comme je l’ai mentionné précédemment, les estimations relatives au début des traitements contre l’hépatite C ont été essentielles pour Action Hepatitis Canada afin de pouvoir vérifier le nombre de prescriptions de traitements. Il s’agit là d’un indicateur très important qu’il faudra continuer à surveiller à l’avenir. 

Voici quelques-uns des impacts qu’Action Hépatite Canada a pu avoir grâce à la production de ce rapport. L’organisation a été invitée à présenter ces rapports lors des sommets mondiaux sur l’hépatite, tant celui qui a eu lieu cette année que celui d’il y a deux ans. Cela montre bien, sur la scène internationale, à quel point ce type de suivi et de surveillance nationaux menés par la communauté est efficace. 

Ils ont été mis en avant par la Coalition pour l’élimination mondiale de l’hépatite et figurent dans les tableaux de bord nationaux et régionaux de suivi de l’élimination. Le Canada est en fait l’un des seuls pays au monde à disposer d’un rapport national de suivi de l’élimination de l’hépatite mené par la communauté. Ils ont également pu organiser des rencontres avec les ministres provinciaux et territoriaux ainsi que les sous-ministres adjoints de la Santé afin de leur présenter le rapport et de plaider en faveur des mesures nécessaires qui aideraient à remédier à ce qui est observé. 

De plus, ces indicateurs ont servi de base et ont été utilisés dans les feuilles de route pour l’élimination de l’hépatite C qui sont en cours d’élaboration à travers le Canada, dans différentes provinces et territoires. Je tiens à remercier Jennifer van Gennip pour son leadership au sein d’Action Hepatitis Canada. C’est une ardente défenseure de la communauté et je pense qu’elle a vraiment contribué de manière considérable aux efforts visant l’élimination de l’hépatite à travers le Canada. 

Je tiens également à remercier Janet Butler McPhee, codirectrice générale du Réseau juridique sur le VIH, qui siège au comité directeur d’Action Hépatite Canada.  

Ils ont tous deux fait un excellent travail pour mener à bien ce rapport de suivi des progrès, tout comme l’ensemble des organisations membres d’Action Hépatite Canada et les membres du comité directeur. Ce sont eux qui ont eu cette idée ; ce n’était donc pas la mienne. Je me suis contenté de leur fournir les outils et les conseils nécessaires pour qu’ils puissent élaborer ces indicateurs et mener à bien ce suivi. Ce sont eux qui, sur le terrain, accomplissent tout le travail concret en vue de l’élimination de l’hépatite. Il serait donc négligent de ma part de ne pas le souligner, et je viens de partager le lien ici; je pense qu’il est également affiché dans la boîte de discussion pour que vous puissiez consulter le dernier rapport de suivi des progrès. 

Merci.  

Marcus : Très bien, merci beaucoup à Laurence, Fozia et au Dr Bartlett pour vos présentations. 

C'est vraiment intéressant de voir comment l'information prend sa source à l'Agence de la santé publique du Canada, puis est utilisée de tant de façons différentes.  

Nous avons un horaire très serré. Il nous reste donc 3 minutes pour la séance de questions-réponses. 

Je vous rappelle que vous pouvez utiliser la fonction de questions-réponses pour poser des questions. Je vais demander à nos conférenciers de répondre à ces questions assez rapidement, compte tenu de notre horaire.  

Je vais commencer par une question pour Laurence : comment estimez-vous la proportion de personnes atteintes d’hépatite B ou C qui sont au courant de leur infection ? 

Laurence : Merci Marcus pour cette question. La façon la plus directe d’estimer la prise de conscience de l’infection consiste en fait à mener des enquêtes où l’on demande aux participants s’ils ont l’hépatite B ou C, puis on leur fait passer un test, et parmi ceux dont le résultat est positif, on peut déterminer quelle est la proportion de personnes qui étaient au courant de leur infection. Les enquêtes de suivi sont un bon exemple de ce type d’approche. 

Ces enquêtes sont menées principalement auprès des populations clés. Mais pour pouvoir étendre cela à l’ensemble de la population, nous avons également mené un projet spécial dans le cadre duquel nous avons prélevé des échantillons recueillis lors de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé, une enquête nationale menée par Statistique Canada. Nous avons ensuite testé ces échantillons pour l’hépatite et avons ainsi pu mesurer la proportion de personnes ayant déclaré être au courant de leur infection parmi celles dont le test était positif. Il est ensuite possible de pondérer les résultats pour s’assurer qu’ils sont représentatifs de la population canadienne. Nous travaillons également avec des modélisateurs, tant ici à l’Agence de la santé publique qu’à l’extérieur, pour développer des modèles mathématiques qui examinent l’évolution de la maladie au fil du temps. Ils peuvent ainsi comparer le nombre de personnes diagnostiquées au nombre total de personnes infectées. 

Cela nous permet également d'estimer le nombre de personnes qui savent qu'elles sont infectées. Nous nous efforçons ensuite de recouper toutes ces données pour obtenir des estimations aussi précises que possible.  

Marcus : D'accord. 

Merci beaucoup, Laurence.  

Une question du public concernant la campagne sur les pratiques de routine. Pouvez-vous nous parler des leçons tirées de la mise en place de cette campagne par rapport aux campagnes habituelles ? Fozia, c'est à vous. 

Fozia : Oui. Je trouve que c'est une excellente question, et l'un des enseignements les plus importants pour nous a été que si l'on connaît son public cible, il est vraiment important et utile d'investir dans la recherche préalable à la campagne, comme je l'ai mentionné dans ma présentation. Cela permet en effet de concevoir des messages qui trouvent un écho auprès de ce public et c'est ce que nous avons fait pour cette campagne. Nous avons mené une recherche préalable à la campagne, et c’est sur cette base que nous avons décidé du type de message que nous allions utiliser. C’est donc une leçon importante que nous avons apprise. 

Marcus : Très bien, merci beaucoup Fozia. Malheureusement, nous arrivons à la fin de ce webinaire. 

Beaucoup d’informations très importantes ont été partagées et, bien sûr, cette présentation vous sera envoyée par courriel, ainsi que l’enregistrement. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez d’autres questions. Nous nous excusons de ne pas avoir pu répondre à toutes, mais merci encore à tous ceux qui se sont joints à nous aujourd’hui, et un merci tout particulier à Sofia, Fozia et Laurence pour leur temps et leurs idées, ainsi qu’à toute l’équipe qui a permis à ce webinaire du LMTI puisse avoir lieu. Encore une fois, vous recevrez un courriel après la séance contenant l’enregistrement, les diapositives et un court formulaire de commentaires. 

Nous accordons une grande importance à vos commentaires, alors si vous pouviez remplir ce formulaire, ce serait formidable. Au nom de l’Agence de la santé publique du Canada, merci encore de votre participation. Nous avons hâte de vous revoir lors d’une prochaine session de cette série. 

Prenez soin de vous et passez une bonne journée. 

Modifié le: jeudi 18 juin 2026, 09:06