Transcription

Cette transcription est une version traduite des sous-titres automatiques en anglais des enregistrements. Il se peut que le texte ne corresponde pas exactement à l’audio de l’enregistrement en français et que des erreurs soient présentes dans les deux versions de la transcription.  

Jenn Selkirk : Bienvenue à tous. Je m’appelle Jenn Selkirk, je suis membre du groupe de travail sur la résistance aux antimicrobiens à l’Agence de la santé publique du Canada. Merci de vous joindre à la série de webinaires sur les maladies transmissibles et la prévention des infections. 

Aujourd’hui, nous nous réunissons sur une plateforme virtuelle et je me joins à vous depuis le territoire visé par le Traité n° 6, dans la patrie des Métis. Veuillez prendre un moment pour reconnaître l’importance de la terre que nous appelons tous notre foyer. Nous faisons cela pour réaffirmer notre engagement et notre responsabilité à améliorer les relations entre les nations ainsi qu’à approfondir notre propre compréhension des peuples autochtones locaux et de leurs cultures. 

D’un océan à l’autre, nous reconnaissons le territoire ancestral et non cédé de tous les Inuits, Métis et membres des Premières Nations qui considèrent ce pays comme leur foyer. Alors que nous entamons les discussions d’aujourd’hui, rappelons-nous notre engagement à suivre la voie du partenariat et de l’amitié avec les peuples autochtones, et gardons à l’esprit l’importance de soins centrés sur la personne et respectueux de la culture, qui honorent les traditions, les langues, les cultures et les expériences des peuples autochtones. Le webinaire d’aujourd’hui contient des informations provenant de sources externes à l’agence qui ne reflètent pas nécessairement les points de vue de l’Agence de la santé publique du Canada. 

À la suite du webinaire d’aujourd’hui, une copie de cette présentation et de l’enregistrement, ainsi qu’un formulaire de commentaires, vous seront envoyés. Ce webinaire se déroulera en anglais. Vous pouvez accéder à l’interprétation simultanée en français en sélectionnant le bouton d’interprétation dans le menu situé au bas de votre écran. 

Votre audio a été désactivé pour réduire le bruit et la vidéo est désactivée pour ce webinaire. Si vous rencontrez des problèmes techniques, vous pouvez nous joindre via la fonction de clavardage dans la langue de votre choix. Si vous avez une question pour les présentateurs, veuillez la soumettre à l’aide de la fonction Questions et réponses et nous nous efforcerons d’y répondre lors de la table ronde à la fin du webinaire. 

Il existe une option permettant de ne pas afficher votre nom dans la section Questions et réponses. Je vais maintenant vous présenter nos conférenciers. Robyn Mitchell a obtenu une maîtrise en sciences de la santé et en épidémiologie de l’Université de Toronto et est diplômée du Programme canadien d’épidémiologie de terrain. 

Elle est épidémiologiste principale à l’Agence de la santé publique du Canada, où elle se consacre à la gestion des antimicrobiens ainsi qu’à la surveillance des infections associées aux soins de santé et des organismes résistants aux antimicrobiens.  

La Dre Miranda So a obtenu son doctorat en pharmacie à l’Université de Toronto et une maîtrise en santé publique dans le domaine de l’épidémiologie à la Harvard T.H. Chan School of Public Health. Elle est responsable du programme de gestion des antimicrobiens au University Health Network de Toronto. Elle est également chercheuse clinicienne à l’Institut de recherche de l’Hôpital général de Toronto et professeure adjointe à l’Université de Toronto. 

Sa pratique clinique et ses recherches portent notamment sur la gestion des antimicrobiens chez les patients immunodéprimés et sur l’interaction entre l’utilisation des antimicrobiens, la résistance et la santé de la population. Je vous invite à vous joindre à moi pour souhaiter la bienvenue à Robyn et à Miranda.  

À vous. 

Robyn Mitchell : D'accord. Merci. Merci beaucoup pour cet accueil chaleureux, Jenn. 

Miranda et moi sommes ravies d’être ici aujourd’hui pour lancer la Semaine de sensibilisation à l’utilisation des antimicrobiens (WAAW) et nous allons vous présenter des informations sur les pratiques de prescription dans les hôpitaux canadiens, ainsi que des données et des orientations futures. L’objectif des présentations d’aujourd’hui est le suivant : je vais vous présenter quelques résultats préliminaires de l’Enquête nationale sur la prescription d’antimicrobiens au Canada, puis Miranda vous présentera une partie du travail qu’elle et ses collègues ont accompli concernant l’élaboration d’un protocole consensuel visant à évaluer la pertinence de la prescription d’antimicrobiens, et enfin, nous mettrons en lumière certaines étapes à venir. Voici donc un peu de contexte pour vous situer le cadre de ce travail. 

Comme nous le savons, l’optimisation de l’utilisation des antimicrobiens est essentielle pour ralentir la propagation des organismes résistants. Cependant, nous devons recueillir des données normalisées sur les pratiques de prescription afin de déterminer comment optimiser au mieux cette utilisation. Ainsi, bien que l’Agence de la santé publique du Canada surveille régulièrement la consommation d’antimicrobiens chez l’humain, les sources de données existantes n’ont pas permis d’évaluer la pertinence des pratiques de prescription d’antimicrobiens dans les établissements de santé canadiens. 

Ainsi, en 2018, l’Agence de la santé publique du Canada s’est associée à Sinai Health et au Réseau universitaire de santé pour surveiller les pratiques de prescription dans les hôpitaux canadiens à l’aide d’une plateforme australienne appelée National Antimicrobial Prescribing Survey (NAPS). Je vais donc aborder brièvement la méthodologie du NAPS. Il s’agit d’un outil d’audit des prescriptions d’antimicrobiens en milieu hospitalier qui utilise des lignes directrices locales de prescription pour évaluer la pertinence des antimicrobiens délivrés aux populations de patients. 

Cette évaluation est réalisée à l’aide d’une méthodologie de prévalence ponctuelle. Les données ont donc été recueillies auprès d’hôpitaux canadiens de 2018 à 2024 et saisies dans l’outil d’audit en ligne australien NAPS par le personnel hospitalier. Le NAPS a ainsi développé et validé un cadre d’évaluation pour déterminer la pertinence de la prescription. 

C'est donc l'algorithme que nous voyons ici. Je ne vais pas entrer dans tous les détails de cette évaluation, mais je tiens simplement à souligner que la pertinence, comme vous pouvez le voir en haut, est définie en fonction de l , que des lignes directrices soient disponibles ou non, et comme vous pouvez le constater, un nombre considérable de détails est requis pour évaluer la pertinence. Il s'agit donc d'un processus très gourmand en ressources, et cette évaluation est effectuée au niveau de l'hôpital. 

Le personnel chargé de recueillir ces informations et d’en faire l’interprétation a donc effectué l’évaluation de la pertinence au niveau de l’hôpital, puis l’a saisie sur la plateforme australienne NAPS. Voici un aperçu des hôpitaux participants. Notre ensemble de données comprend 69 hôpitaux représentant la majeure partie du Canada. 

Ces hôpitaux étaient assez variés en termes de taille. Vous pouvez voir une gamme allant des petits aux grands hôpitaux, en fonction du nombre de lits. Nous avons également un mélange équilibré d’établissements d’enseignement et non-enseignants, et les hôpitaux étaient situés dans des zones urbaines allant des petites aux grandes agglomérations. 

De plus, environ un tiers des hôpitaux participants ont indiqué disposer d’un financement dédié ou d’une allocation spécifique pour un médecin chargé de la gestion des antimicrobiens. Cette diapositive met donc en évidence certains des indicateurs clés concernant la quantité et la qualité de la prescription au Canada. À l’échelle nationale, on observe une utilisation moyenne de 1,39 ordonnance par patient. 

Les patients admis dans un hôpital universitaire ont reçu en moyenne 1,4 ordonnance par patient, contre 1,32 dans les hôpitaux non universitaires. De même, nous constatons que les patients admis dans un hôpital disposant d’un financement dédié pour un médecin chargé de la gestion des antimicrobiens ont reçu en moyenne 1,44 ordonnance par patient, contre 1,35 dans les hôpitaux ne disposant pas de ce financement dédié. Il y a donc certainement un certain chevauchement, comme vous pouvez l’imaginer, entre ces deux indicateurs, et il est probable que les hôpitaux universitaires soient ceux qui disposent de plus de ressources et de financement. 

À l’échelle nationale, nous constatons que 72 % des ordonnances d’antimicrobiens ont été jugées appropriées, et ce chiffre repose sur les données d’audit recueillies auprès des 69 hôpitaux couverts par notre étude. Nous constatons également que 52 % des ordonnances d’antimicrobiens ont été jugées conformes aux lignes directrices. Je reviendrai plus en détail sur ces indicateurs dans un instant. 

Je voulais simplement mettre en évidence les données nationales, car ce chiffre résume la variation géographique de ces indicateurs. Nous disposons donc de données provenant de neuf provinces, l’Ontario représentant la plus grande proportion de sites. Ainsi, 32 % de nos sites se trouvaient en Ontario. 

Le nombre de prescriptions par patient est assez constant d’une province à l’autre. On observe une fourchette allant de 1,3 en Colombie-Britannique à 1,46 au Québec, ce qui correspond bien à la moyenne nationale de 1,39. 

La variation est donc très faible autour de cette valeur centrale. Nous observons toutefois une variation plus importante entre les provinces en ce qui concerne la proportion d’ordonnances appropriées. Celle-ci varie de 63 % en Nouvelle-Écosse à 84 % en Alberta. 

Encore une fois, on observe une fourchette nettement plus large autour de cette moyenne nationale de 72 %. Il faut également garder à l’esprit, lors de l’interprétation de ces données, que la participation est volontaire et qu’il existe donc très probablement un biais de sélection dans ces données. C’est donc un point essentiel à retenir tout au long de cette présentation. 

Je vais donc d'abord aborder quelques données concernant l'utilisation des antimicrobiens. Ce graphique montre la répartition des prescriptions d'antibiotiques selon les catégories de l'Aware de l'Organisation mondiale de la santé. La classification Aware des antibiotiques a été élaborée par l'OMS comme un outil pour soutenir les efforts de gestion responsable. 

Comme vous pouvez le voir ici, les antibiotiques sont classés en trois groupes : « accès », « surveillance » et « réserve ». Ils sont classés en fonction de leur activité ainsi que du risque de développer une multirésistance aux médicaments. Aux fins de cette analyse, nous avons classé les antibiotiques de réserve selon la liste de réserve du Canada. 

Vous trouverez donc ci-dessous deux liens auxquels vous pourrez accéder. La principale différence par rapport à la liste de l’OMS réside dans le fait que la liste canadienne inclut tous les carbapénèmes. Nous constatons donc ici que, parmi les prescriptions d’antibiotiques en milieu hospitalier, moins de la moitié concernaient des antibiotiques de la catégorie « accès ». 

Ainsi, 50 % des antibiotiques appartenaient à la catégorie « à surveiller » et près de 6 % étaient des antibiotiques de réserve. Il convient de noter que l’OMS a fixé un objectif selon lequel au moins 60 % du total des prescriptions d’antibiotiques au niveau national devraient concerner des antibiotiques de la catégorie « d’accès ». Donc, en se basant uniquement sur nos données, et compte tenu de toutes leurs limites concernant le biais de sélection comme je l’ai mentionné, il semble que nous soyons un peu en deçà de cet objectif. 

Cela montre qu’il y a matière à amélioration. En examinant de plus près ces antibiotiques de réserve, nous constatons que 77 % d’entre eux ont été jugés appropriés. C’est donc une bonne chose, un peu plus que la moyenne globale pour les antimicrobiens. 

Vous pouvez voir dans le tableau ci-contre que les carbapénèmes sont les antibiotiques de réserve les plus couramment utilisés, le méropénème étant le plus prescrit. Les indications courantes pour les antibiotiques de réserve comprennent les infections bactériennes, les infections osseuses et articulaires ainsi que les infections de la peau et des tissus mous. Voici quelques indicateurs clés supplémentaires concernant la qualité de la prescription. 

Nos données révèlent que 22 % des prescriptions concernaient des indications ou des affections ne nécessitant pas de traitement antimicrobien. Nous observons également que la date de révision ou d’arrêt a été consignée pour 51 % des prescriptions d’antimicrobiens et que l’indication a été consignée pour 85 % des prescriptions. Ce graphique présente donc les indications les plus courantes pour la prescription d’antimicrobiens dans les hôpitaux canadiens. 

C'est ce que l'on voit sur l'axe des y, et nous pouvons constater que les infections de la peau et des tissus mous, la pneumonie communautaire et la prophylaxie chirurgicale sont les indications d'utilisation les plus courantes qui ressortent de nos données. Nous avons ensuite classé ces ordonnances en fonction de la pertinence de leur prescription. Parmi les plus fréquentes, nous constatons que près d'un quart à un tiers de ces ordonnances ont été jugées inappropriées. 

Ce sont donc les barres roses que vous voyez là. Nous pouvons également constater que les indications présentant le plus grand nombre de prescriptions inappropriées étaient la prophylaxie chirurgicale, la cystite et la pneumonie associée aux soins de santé. La question qui se pose alors est la suivante : pourquoi ces indications sont-elles les plus souvent prescrites de manière inappropriée ? 

Nous avons donc examiné les données de plus près et avons à nouveau retenu ces trois principales indications, car ce sont celles qui présentent le plus grand volume de prescriptions. Nous avons ainsi examiné les raisons de leur utilisation inappropriée. Il est intéressant de noter que pour les infections de la peau et des tissus mous, la raison la plus courante de prescription inappropriée était une durée incorrecte. 

Pour la pneumonie communautaire, le spectre d’action était trop large, et pour la prophylaxie chirurgicale, c’était encore une fois un problème de durée. La prophylaxie chirurgicale dépassait 24 heures. Cela nous fournit donc des informations ciblées et exploitables que nous pouvons utiliser. 

De même, ce graphique montre les antimicrobiens les plus couramment prescrits dans les hôpitaux canadiens, toujours d’après nos données. Vous pouvez donc voir ici que, sur l’axe des y, la ceftriaxone, la céfazoline et la pipéracilline-tazobactam étaient les antimicrobiens les plus couramment prescrits. Nous avons ensuite stratifié ces données en fonction de la pertinence. 

Et donc, comme sur la diapositive précédente, si nous nous concentrons sur ces antimicrobiens les plus couramment prescrits. Nous constatons qu’un volume important de prescriptions, environ 20 à 25 % des ordonnances, a été jugé inapproprié. Nous nous sommes donc demandé pourquoi, et nous avons donc extrait ces antimicrobiens les plus prescrits pour nous concentrer uniquement sur les antimicrobiens à surveiller de près. Comme vous pouvez le voir ici, il s’agit de la ceftriaxone, de la pipéracilline-tazobactam et la vancomycine. Il y a vraiment un point commun ici : la principale raison de l’utilisation inappropriée de ces trois antimicrobiens est un spectre d’action trop large. Et ce graphique résume globalement, pour tous les antimicrobiens et toutes les indications d’utilisation, quelles sont les principales raisons d’une utilisation inappropriée. 

Nous constatons donc à nouveau un spectre d’action trop large, une durée, une dose ou une fréquence incorrectes, ainsi qu’une prophylaxie chirurgicale supérieure à 24 heures. Nous avons également examiné la pertinence des prescriptions par groupe d’âge des patients et avons constaté, comme vous pouvez le voir ici, que la pertinence était la plus élevée chez les patients pédiatriques, c’est-à-dire ceux âgés de moins de 18 ans. 

Ainsi, chez ces patients, 88 % des prescriptions étaient appropriées. Nous constatons maintenant que l’adéquation est la plus faible chez les patients de 80 ans et plus. Et encore une fois, il faut toujours garder à l’esprit le volume de prescriptions pour nos patients plus âgés par rapport aux patients pédiatriques dans notre ensemble de données. 

En gardant cela à l'esprit, lorsque nous interprétons également les principales indications des prescriptions inappropriées chez les patients [inaudible] et plus, on constate qu'il s'agit de la cystite, de l' e des tissus mous et de la pneumonie communautaire. Une autre façon utile d'examiner les données consiste donc à analyser l'adéquation par spécialité. La spécialité est définie comme la spécialité sous laquelle le patient a été admis le jour de l'audit. 

En examinant ce tableau, nous pouvons constater que la pédiatrie obtient de bons résultats en matière de prescription appropriée, ce qui rejoint les données de la diapositive précédente.  

Encore une fois, en gardant à l’esprit le faible nombre de prescriptions chez les patients pédiatriques dans notre ensemble de données par rapport à la population adulte, nous constatons que l’adéquation est élevée pour les consultations en infectiologie et pour les patients immunodéprimés, ce qui inclut l’hématologie, l’oncologie et la transplantation. Nous observons ensuite une adéquation plus faible lorsque nous examinons les spécialités de soins intensifs, de chirurgie et de médecine interne, en gardant à l’esprit qu’il y aun volume de prescriptions vraiment élevé dans ces spécialités. En y réfléchissant bien et en examinant les prescriptions inappropriées et appropriées, nous voyons où se situent ces prescriptions inappropriées au sein de ces spécialités. 

Ainsi, dans la spécialité des soins intensifs, nous constatons que les indications les plus courantes de prescriptions inappropriées sont la pneumonie (communautaire et nosocomiale), la prophylaxie chirurgicale, la MPOC et la septicémie. Pour la spécialité chirurgicale, comme on pouvait s’y attendre, l’indication la plus courante de prescription inappropriée est la prophylaxie chirurgicale. 

Et puis, pour les patients relevant de la médecine interne, nous constatons que les indications les plus courantes de prescription inappropriée sont les infections de la peau et des tissus mous, la pneumonie communautaire et la cystite. Il y a donc vraiment des messages récurrents dans nos données qui nous aident à mieux comprendre. L’un des derniers indicateurs que nous allons examiner est donc le respect des lignes directrices. C’est un élément clé, car comme nous l’avons vu dans le cadre d’évaluation NAPS, le respect et la disponibilité des lignes directrices constituent l’un des principaux critères permettant de déterminer la pertinence. 

Nous constatons donc ici que 52 % des ordonnances étaient conformes aux lignes directrices. 19 % n'étaient pas conformes aux lignes directrices. Et pour près d'un tiers des ordonnances, aucune ligne directrice n'était disponible. 

Vous pouvez voir ici, de l’autre côté, les définitions du NAPS pour la conformité, la non-conformité, puis l’absence de ligne directrice disponible. Ce graphique montre la proportion de prescriptions en fonction de la conformité aux lignes directrices, et nous avons stratifié ces données selon le statut d’hôpital universitaire. On constate ainsi que parmi les hôpitaux universitaires (représentés par la barre violet foncé), 58 % des prescriptions étaient conformes aux lignes directrices, alors que seulement 44 % des prescriptions délivrées dans les hôpitaux non universitaires ont été jugées conformes aux lignes directrices. Ce qui est vraiment intéressant ici, je pense, c'est la différence que l'on observe entre les hôpitaux universitaires et les hôpitaux non universitaires en ce qui concerne la proportion de prescriptions pour lesquelles aucune ligne directrice n'était disponible. 

Ainsi, aucune ligne directrice n'était disponible pour 35 % des ordonnances dans les hôpitaux non universitaires, ce qui est nettement plus élevé que les 24 % d'ordonnances dans les hôpitaux universitaires. Voici donc un autre graphique. Il semble très similaire. 

Mais ce chiffre montre à nouveau la proportion de prescriptions conformes aux lignes directrices ; nous l’avons toutefois ventilé selon que l’hôpital a indiqué ou non disposer d’un financement ou d’une allocation spécifique pour un médecin du programme ASP. De la même manière, on constate que les lignes directrices n’étaient pas disponibles pour 35 % des prescriptions dans les hôpitaux ne disposant pas de ce financement et de ces ressources spécifiques, un pourcentage bien plus élevé que dans les hôpitaux qui en bénéficient. Je ne pense donc pas qu’il soit très surprenant que les hôpitaux disposant de moins de ressources aient un accès réduit aux directives thérapeutiques. 

Cela souligne donc vraiment l’importance de directives accessibles et pertinentes, et cela s’inscrit dans le travail qu’AMMI Canada mène en partenariat avec l’ASPC; ils viennent d’ailleurs de publier récemment certaines de leurs directives nationales fournissant des recommandations de traitement empirique. J’espère donc que ces informations que nous recueillons ici contribueront à orienter les travaux futurs d’élaboration de directives et que nous pourrons constater des améliorations au niveau de ces indicateurs. Enfin, ce graphique montre les indications les plus courantes pour la prescription d’antimicrobiens au Canada. 

Nous les avons ensuite stratifiées en fonction de la conformité aux lignes directrices, et ce que nous observons, ce sont les indications présentant la plus forte proportion de non-conformité aux lignes directrices. Il s’agit donc, encore une fois, de la barre rose : la prophylaxie chirurgicale, la cystite et la pneumonie associée aux soins de santé. Il est important de noter que ce sont ces indications qui présentaient la plus forte proportion d’utilisation inappropriée. 

Cela suggère donc clairement qu’il reste du travail à faire pour soutenir les prescripteurs dans ces domaines cliniques. Je pense que ces données sont également très utiles, car elles mettent en évidence les indications pour lesquelles aucune ligne directrice n’était disponible. On constate ainsi les infections de la peau et des tissus mous, la septicémie, les abcès intra-abdominaux, ainsi que les infections osseuses et articulaires. 

C'étaient les indications les plus courantes pour lesquelles des lignes directrices n'étaient pas souvent disponibles. Cela nous donne donc à nouveau des pistes d'action ciblées dans ces domaines. Je vais donc simplement résumer certaines des données qui ont été présentées. 

Dans l'ensemble, nous constatons que 72 % des prescriptions d'antimicrobiens ont été jugées appropriées. Les indications présentant la plus forte proportion de prescriptions inappropriées étaient la cystite, la prophylaxie chirurgicale et la pneumonie associée aux soins de santé. Les principales raisons invoquées pour les prescriptions inappropriées étaient une durée incorrecte et un spectre d'action trop large, et l'absence de lignes directrices ainsi que le faible respect des lignes directrices existantes ont été largement identifiés. 

Je pense donc que nous n’avons fait qu’effleurer la surface avec ces données. Mais je crois qu’elles nous indiquent clairement où concentrer nos efforts pour améliorer les pratiques de prescription d’ es et, surtout, pour soutenir les prescripteurs dans cette démarche. Sur ce, je cède la parole à Miranda. 

Merci.  

Miranda So : Merci beaucoup, Robyn, et merci de m’avoir donné l’occasion de présenter ces informations. J’apprécie vraiment cette occasion de parler d’une nouvelle approche pour élaborer un protocole canadien. 

Je présente donc, au nom de l’équipe de projet, l’élaboration d’un protocole consensuel canadien visant à évaluer la pertinence de la prescription d’antimicrobiens dans les hôpitaux, dans le but d’améliorer la qualité au niveau local et d’établir des repères nationaux. Nous essayons de tirer le meilleur des deux mondes grâce à un cadre de science de la mise en œuvre. Diapositive suivante, s’il vous plaît. 

Voici donc quelques informations générales sur ce projet. Robyn a déjà fourni un très bon résumé du projet NAPS et nous savons que les programmes de gestion des antimicrobiens sont mis en place dans les hôpitaux dans le cadre de la qualité et de la sécurité, avec des interventions programmatiques conformes aux normes d’Accréditation Canada. Cependant, il n’existe actuellement aucun consensus à la base parmi les programmes de gestion des antimicrobiens des hôpitaux canadiens sur une approche standardisée pour évaluer et rendre compte de la pertinence de l’utilisation des antimicrobiens ou de la qualité de la prescription. Beaucoup d’efforts ont été consacrés à la production de rapports sur la quantité et le coût des prescriptions d’antimicrobiens. 

Mais la prochaine étape concerne la qualité de l’utilisation, tout en tenant compte des caractéristiques de l’hôpital, de l’épidémiologie locale et des ressources. Et bien sûr, cela inclut également le type de populations de patients pris en charge par cet établissement hospitalier. Vous avez entendu Robyn mentionner à plusieurs reprises que, bien que l’initiative NAPS ait bénéficié d’une bonne représentation d’un océan à l’autre, elle ne couvre pas tous les hôpitaux canadiens. 

Nous devons donc être en mesure d’étendre la production de rapports sur la pertinence à l’échelle des hôpitaux à travers le Canada afin de mieux soutenir ces programmes hospitaliers de gestion des antimicrobiens. Diapositive suivante, s’il vous plaît. L’objectif de ce projet était donc d’élaborer un protocole consensuel comprenant une définition de la pertinence, un cadre d’évaluation et une conception des résultats pour évaluer et rendre compte de la qualité de la prescription adaptée au contexte canadien dans les programmes hospitaliers de gestion des antimicrobiens. 

L’intention ici est d’établir une relation bilatérale. Les programmes hospitaliers de gestion des antimicrobiens seraient en mesure de mener des évaluations de l’adéquation ou de la qualité de la prescription afin de faciliter les initiatives locales d’amélioration de la qualité. Parallèlement, ils contribueraient à l’analyse comparative nationale en fournissant des données, de sorte que l’agence de santé publique du Canada puisse recueillir ces informations pour mieux éclairer les stratégies canadiennes de gestion des antimicrobiens. 

Cela permettrait d’identifier les lacunes et les disparités, de sensibiliser davantage et, par conséquent, d’être mieux en mesure de soutenir les efforts de gestion des antimicrobiens en fournissant des ressources d’appui. Diapositive suivante, s’il vous plaît. Ainsi, à l’ , dans le cadre de ce projet, nous avons appliqué le cadre consolidé pour la recherche sur la mise en œuvre (CFIR) comme sorte de pilier du projet. 

L'innovation ici réside dans le protocole canadien en cours d'élaboration. C'est en quelque sorte ce vers quoi nous tendons, et le CFIR, en tant que méthodologie de recherche sur la mise en œuvre, nous aide à définir qui fait quoi, quand, où et comment. Nous voulons être en mesure de comprendre qui sont les acteurs, où ils se trouvent, quels sont les obstacles et les facilitateurs, ainsi que tous les facteurs liés au contexte et aux conditions environnementales, sans oublier les personnes qui mettent en œuvre l'intervention ou l'innovation elle-même. Il s'agit d'une méthodologie établie en sciences de la mise en œuvre. Diapositive suivante, s'il vous plaît. 

Merci. Nous avons donc mené ce projet en plusieurs phases. La première phase a débuté par une analyse documentaire visant à recenser les outils d’évaluation publiés, la définition de la pertinence et le format de ces rapports de résultats. 

Elle a été suivie de la deuxième phase, qui consistait en un sondage électronique sur la plateforme RedCap ciblant un échantillon raisonné d’experts canadiens en gestion des antimicrobiens et en maladies infectieuses afin de comprendre leurs activités actuelles sur leurs sites et les limites des évaluations de l’adéquation. Nous avons présenté les statistiques descriptives pour cette partie du projet. La troisième phase a consisté en une série d’entretiens semi-structurés avec des participants volontaires ainsi que des responsables et des experts cliniques recrutés par le biais de réseaux dans les domaines de la gestion des antimicrobiens, des maladies infectieuses et de la santé publique. 

Les résultats ont fait l’objet d’une analyse thématique à l’aide d’une méthode de comparaison constante et ont été mis en correspondance avec les domaines du CFIR. Par la suite, à partir des informations recueillies lors du sondage de la deuxième phase et des entrevues semi-structurées de la troisième phase, un protocole préliminaire comprenant le cadre d’évaluation, la définition de la pertinence du processus et le format des rapports finaux a été élaboré. Il s’agissait d’un résultat préliminaire de ce projet. 

Diapositive suivante, s'il vous plaît. Commençons donc par le sondage. Nous avons reçu des réponses de 58 personnes sur une période de huit à six semaines. 

La majorité étaient des pharmaciens spécialisés en gestion des antimicrobiens, suivis par des médecins. Nous avons eu des représentants de réseaux de santé à plusieurs sites, d’hôpitaux à site unique ainsi que de programmes de gestion des antimicrobiens au niveau régional ou provincial. La majorité des répondants, soit 98 % d’entre eux, ont mentionné qu’ils utiliseraient un protocole spécifique au Canada pour le programme de gestion des antimicrobiens afin de les aider dans la planification et l’élaboration du programme, et 21 % des répondants ont déclaré qu’ils utiliseraient ces informations pour l’élaboration de lignes directrices. 

En ce qui concerne les obstacles et les facteurs favorables, les répondants ont donné un aperçu de ce qu’ils préféreraient comme référence ou critère d’évaluation de la pertinence. Les lignes directrices locales ont été préférées à l’application des principes de gestion des antimicrobiens, suivies des lignes directrices nationales. En ce qui concerne les facteurs favorables, le plus courant était la compatibilité de l’ avec le système de dossiers de santé électroniques (DSE) des hôpitaux ou des réseaux hospitaliers. 

Vient ensuite la production d’un rapport informatif. Cela concerne donc le format sous lequel l’information est générée une fois l’évaluation de l’adéquation ou l’audit de prévalence ponctuelle terminée. En ce qui concerne les obstacles, la plupart des répondants ont cité le manque de ressources humaines, le manque de temps et le manque d’expertise locale comme étant les obstacles les plus courants. 

Diapositive suivante, s’il vous plaît. En ce qui concerne les entrevues semi-structurées, nous avons interrogé 28 participants, parmi lesquels figuraient des experts en maladies infectieuses et en gestion des antimicrobiens, ainsi que des dirigeants de six provinces. Les deux qualités essentielles du protocole envisagé pour cette innovation étaient l’efficacité et la flexibilité, compte tenu des obstacles identifiés précédemment en matière de ressources humaines, de temps et d’expertise locale. 

L'efficacité a été jugée très importante pour assurer le succès de cette initiative, et la flexibilité, permettant de s'adapter à l'amélioration de la qualité au niveau local tout en contribuant à l'analyse comparative nationale, augmenterait également l'adoption de l'outil. Il s'agit donc d'aborder à la fois la validité et l'utilité du rapport d'évaluation de la pertinence en ce qui concerne les données à recueillir, les éléments de données et la méthode de collecte. Comme mentionné précédemment, la flexibilité doit être présente pour s'adapter à deux types de champs d'application afin de soutenir les initiatives locales en matière de qualité. 

Cela pourrait concerner des services spécifiques, par exemple l’unité de soins intensifs, ou une évaluation basée sur les syndromes, comme la pneumonie à l’échelle communautaire, ou encore une évaluation spécifique aux antimicrobiens, par exemple les catégories de l’initiative CAN-AWARE ou, à l’époque, les catégories de l’initiative WH-AWARE. Il a été noté que, comme la méthode de collecte de données a tendance à être laborieuse et constitue également un obstacle important, des efforts devraient être déployés pour créer un processus fluide capable de tirer parti de la technologie et de s’adapter à tous les types d’hôpitaux et à toutes les ressources. 

Et cela serait crucial pour l’adoption à l’échelle nationale. Si nous voulons que davantage de sites participent, nous devons nous assurer qu’il est facile pour les sites participants de faire ce qu’il faut. Ce message était donc également très clair. 

Diapositive suivante, s’il vous plaît. Passons maintenant à la conclusion et à la prochaine étape. Un protocole préliminaire a donc été rédigé sous forme de projet afin de tenir compte des initiatives locales d’amélioration de la qualité et de l’analyse comparative nationale, en s’appuyant sur les leçons tirées du projet NAPS et de l’élaboration du protocole consensuel. 

Les prochaines étapes consisteraient à créer, à développer et à mettre en œuvre un outil canadien pour recueillir et surveiller les pratiques de prescription dans les établissements hospitaliers canadiens. Pour soutenir cela, nous avons besoin d’un groupe de travail national capable de représenter différents types d’hôpitaux – urbains, ruraux, grands et petits, de taille moyenne, universitaires et communautaires – afin de valider le protocole par des essais pilotes avant qu’il ne puisse être appliqué à l’échelle du pays. Et cela conclut ma partie. 

Nous tenons donc à remercier plusieurs groupes de personnes au sein de l’équipe canadienne du NAPS. Nous souhaitons remercier le Dr Andrew Morris, Yoshiko Nakamachi et les autres membres de l’équipe, ainsi que tous les établissements contributeurs qui ont fourni des données à l’initiative NAPS. 

Nous tenons également à remercier Caroline Chen, Karen Thurki, Rodney James et leur équipe du Melbourne Health Guidance Group au National Center for Antimicrobial Stewardship en Australie pour le protocole consensuel. Comme je l’ai mentionné au début, je présente cette intervention au nom de l’équipe du projet, qui comprend Deborah Somanader du programme de gestion des antimicrobiens de Sinai Health et Sarah Tony du University Health Network pour son expertise en recherche qualitative. Nous remercions tous les participants à l’enquête et aux entrevues d’avoir partagé leurs idées et leur expertise, et d’avoir consacré leur temps à nous aider dans le cadre de ce projet, ainsi que nos partenaires de l’Agence de la santé publique du Canada : la Dre Kanchana Amaratunga, Robyn Mitchell, Philip Pelletier, Shaghig Reynolds et Aboubakar Mounchili. Merci. 


Modifié le: jeudi 11 juin 2026, 10:41