Transcription

Cette transcription est une version traduite des sous-titres automatiques en anglais figurant dans les enregistrements. Il se peut que le texte ne corresponde pas exactement à l’audio de l’enregistrement en français et que des erreurs soient présentes dans les deux versions de la transcription.  

Jessica Helwig : Bonjour à tous et bienvenue. Je m’appelle Jessica Helwig et je suis analyste principale des politiques à l’Agence de la santé publique du Canada. Merci de vous joindre à la série de webinaires sur les maladies transmissibles et la prévention des infections. 

Nous sommes ravis de vous compter parmi nous aujourd’hui. Alors que nous nous réunissons dans cet espace virtuel, je tiens à souligner que nous nous trouvons tous sur les terres traditionnelles des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Aujourd’hui, je vous parle depuis Ottawa, qui est construite sur le territoire non cédé des Anishinabe et des Algonquins. 

Je tiens également à rappeler que le 1er décembre était la Journée mondiale de lutte contre le sida et que cette semaine est la Semaine de sensibilisation au sida chez les Autochtones. Ce sont non seulement des occasions importantes de célébrer les progrès que nous avons accomplis, mais aussi d’attirer l’attention sur le travail qui reste à faire, d’autant plus que les répercussions du VIH touchent de manière disproportionnée les communautés autochtones. Alors que nous travaillons ensemble pour faire en sorte que le VIH ne soit plus un problème de santé publique et que nous avons ces conversations ici aujourd’hui, n’oublions pas d’adopter des approches fondées sur l’intersexualité, qui placent les personnes et leur expérience vécue au centre des soins. 

Petite mise en garde : le webinaire d’aujourd’hui comprend du contenu provenant de sources externes à l’Agence et peut ne pas refléter les points de vue de l’Agence de la santé publique du Canada. À la suite du webinaire d’aujourd’hui, une copie de la présentation, un enregistrement ainsi qu’un formulaire de commentaires vous seront envoyés. Ce webinaire se déroulera en anglais. 

Vous pouvez accéder à l’interprétation simultanée en français en cliquant sur le bouton « Interprétation » dans le menu au bas de votre écran. Quelques remarques techniques supplémentaires. Le son a été coupé pour réduire le bruit et la vidéo a été désactivée pour ce webinaire. 

Si vous rencontrez des problèmes techniques et avez besoin d’aide, vous pouvez nous joindre par le biais de la fonction de clavardage. N’hésitez pas à communiquer en anglais ou en français. Si vous avez une question à poser au présentateur, veuillez la soumettre à l’aide de la fonction de questions et réponses et nous y répondrons lors de la table ronde à la fin du webinaire. 

Notez que vous pouvez cocher la case « Envoyer anonymement » si vous ne souhaitez pas que votre nom apparaisse avec la question. Je vais maintenant vous présenter les intervenants des webinaires d’aujourd’hui.  

Ada Madubueze est gestionnaire de projet au Conseil d’information et d’éducation sur la sexualité du Canada (SIECCAN), où elle dirige le projet de promotion de la santé sexuelle chez les jeunes nouveaux arrivants. Titulaire d’une maîtrise en épidémiologie et animée par un engagement profond envers la santé sexuelle et reproductive, elle fait le pont entre la recherche et la pratique afin de créer des outils d’ s pratiques et fondés sur des données probantes à l’intention des éducateurs, des professionnels de la santé et des décideurs, dans le but de faire progresser des programmes inclusifs et transformateurs en matière de santé sexuelle. Son travail consiste notamment à diriger la rédaction du Guide à l’intention des éducateurs pour la prévention de la violence fondée sur le genre (VFG) et à contribuer à l’élaboration des Lignes directrices et des repères pour l’intégration de la prévention de la VFG dans l’éducation en matière de santé sexuelle. 

Mauricio Oviedo est coordonnateur des services et des partenariats au Capital Rainbow Refuge. Titulaire d’un baccalauréat en psychologie, il a développé un engagement profond envers le service et le soutien communautaires. Mauricio apporte une vaste expérience acquise dans le cadre de son travail avec Nurses Without Borders Canada. Il se consacre à la promotion de causes sociales axées sur la réinstallation des réfugiés, le bien-être communautaire et l’éducation relative aux ITS et au VIH, en particulier au sein des communautés racialisées.   

J'aimerais maintenant vous présenter Ada et lui laisser la parole pour sa présentation.  

Ada Madubueze : Bonjour à tous. Merci à tous d’être venus au webinaire aujourd’hui. 

Je m’appelle Ada Madubueze, on m’appelle « elle » et je suis gestionnaire de projet au SIECCAN, le Conseil canadien de l’information sur la sexualité. J’appelle de Calgary, qui est située sur les terres traditionnelles de la Confédération des Pieds-Noirs, des nations Tsuut’ina et Stoney Nakoda. Cette région est couverte par le Traité n° 7. 

Je suis très reconnaissante d’être avec vous tous aujourd’hui pour partager des ressources et vous donner un aperçu des activités du SIECCAN ainsi que de notre projet actuel, qui porte sur la promotion de la santé sexuelle chez les jeunes nouveaux arrivants au Canada.  

Suivant, s’il vous plaît. Chez SIECCAN, nous sommes un organisme de bienfaisance à but non lucratif qui vise à promouvoir la santé sexuelle et reproductive au Canada. Nous travaillons avec des éducateurs, des professionnels de la santé et d’autres intervenants pour créer des ressources qui aident à renforcer les connaissances et les capacités de ceux qui élaborent et mettent en œuvre des programmes d’éducation en matière de santé sexuelle. 

Suivant, s’il vous plaît. Suivant, s’il vous plaît. Notre priorité est donc une éducation sexuelle complète, axée sur la prévention des infections transmissibles sexuellement et par le sang, la prévention de la violence sexiste, en intégrant des thèmes pertinents, en veillant à ce qu’elle soit à jour en matière d’éducation aux médias et de technologie, et en s’assurant que les programmes répondent aux besoins de groupes spécifiques de jeunes, en particulier ceux qui sont marginalisés et mal desservis. 

Jeunes laissés pour compte. Voici donc une photo de Meera. Imaginez Meera. 

Elle a 17 ans. Elle est arrivée du Cameroun il y a quelques mois à peine. Elle est maintenant en 12e année. 

Désolée. Pourriez-vous revenir à la diapositive précédente ? Oh, alors imaginez Meera. 

Elle a 17 ans. Elle est arrivée du Cameroun il y a quelques instants ou quelques mois. Elle est maintenant en 12e année et s'adapte à une nouvelle école, une nouvelle culture et une nouvelle vie. 

Elle est dans une nouvelle relation et envisage d’avoir sa première expérience sexuelle, mais personne ne lui a jamais dit que les préservatifs étaient gratuits dans les toilettes des écoles secondaires. Elle ne sait pas où aller pour se faire dépister pour les ITS. Elle ne sait pas vraiment ce qui est confidentiel. 

Et dans sa culture, on n’a jamais encouragé les discussions sur le sexe. Imaginez maintenant devoir gérer tout ça tout en vous adaptant à une nouvelle langue, un nouveau système de santé et de nouvelles attentes sociales. Pour beaucoup de jeunes nouveaux arrivants, aborder des sujets sensibles comme la santé sexuelle peut sembler insurmontable. 

Par où commencer pour gérer tout ça ?  

Suivant, s’il vous plaît. Les jeunes nouveaux arrivants au Canada proviennent d’horizons régionaux, culturels et religieux très divers. 

En raison de cette diversité, leur compréhension de la santé sexuelle, des relations et du système de santé peut être très différente de ce qui est généralement enseigné dans les écoles canadiennes. Ils font également face à plusieurs obstacles. Des obstacles systémiques et individuels, tels que la stigmatisation, les rôles de genre rigides, les normes de genre, la difficulté à s’y retrouver dans le système de santé et les préoccupations concernant la confidentialité et la vie privée. 

Ces obstacles créent un risque réel et les recherches montrent que les jeunes nouveaux arrivants présentent des taux élevés d’infections transmissibles sexuellement et par le sang, une moindre littératie en matière de santé sexuelle et un accès réduit aux services de santé sexuelle. Cela nous montre donc clairement qu’une éducation standardisée ne suffit pas, car il existe un obstacle majeur à l’accès à l’information sur la santé sexuelle et qu’il y a un besoin d’information sur les services disponibles et sur vos droits en matière de santé sexuelle et reproductive.  

Suivant, s’il vous plaît. 

Cela m’amène donc à l’un de nos projets actuels financés par l’Agence de la santé publique du Canada dans le cadre du Fonds d’action communautaire. Ce projet vise à développer des ressources de promotion de la santé sexuelle pour les jeunes nouveaux arrivants au Canada. Ce projet avait deux objectifs principaux. 

Premièrement, examiner les besoins en matière d’information sur la santé sexuelle et les expériences de la vie réelle des jeunes nouveaux arrivants, et deuxièmement, utiliser ces connaissances pour développer et partager des ressources de promotion de la santé sexuelle pratiques et pertinentes destinées aux jeunes ainsi qu’aux différents prestataires de services qui travaillent avec eux, tels que les agents d’établissement, les éducateurs et les professionnels de la santé. En d’autres termes, nous voulons apprendre directement des jeunes, puis transformer ces connaissances en actions concrètes. Pour ce projet, nous avons donc défini les jeunes nouveaux arrivants comme toute personne âgée de 16 à 29 ans et non née au Canada. 

Diapositive suivante. Nous avons donc mené deux études distinctes afin d’examiner les besoins en matière d’information sur la santé sexuelle des jeunes nouveaux arrivants au Canada. Dans le cadre de la première phase de l’étude, nous avons organisé des groupes de discussion axés sur les témoignages des jeunes eux-mêmes, en leur posant directement des questions sur leurs besoins en matière d’éducation à la santé sexuelle et en mettant en lumière les nuances de leurs expériences vécues. 

La deuxième étude s’est appuyée sur les travaux existants en matière de littérature en sondant un large groupe de jeunes Canadiens, ce qui nous a permis d’obtenir des résultats plus généralisables.  

Suivante, s’il vous plaît. Ainsi, lors de la première phase, nous avons d’abord établi un partenariat avec deux organisations de jeunesse et communautaires pour mener cinq discussions de groupe avec 24 participants, des jeunes. 

La discussion visait à comprendre les besoins et les préoccupations des jeunes en matière de santé sexuelle et reproductive, les influences culturelles et religieuses sur leur santé sexuelle et reproductive, ainsi que leurs réseaux de soutien et leurs recommandations. Nous avons également mené trois discussions avec des parties prenantes clés, notamment des organisations de jeunesse, des organismes d’aide à l’établissement et des organisations communautaires. Cette phase a donc été hautement collaborative. 

Les jeunes n’étaient pas de simples participants. Ils étaient des partenaires qui ont contribué à orienter les discussions, à identifier les priorités et à confirmer ce qui comptait vraiment pour eux.  

Passez à la diapositive suivante, s’il vous plaît. 

Ainsi, à la suite des discussions de groupe de la phase 2, l’enquête nationale en ligne a été menée auprès de plus de 3 000 jeunes à travers le Canada, dont 955 étaient des jeunes nouveaux arrivants. Cette enquête a été élaborée directement à partir de ce que nous avions appris lors des groupes de discussion, des commentaires des parties prenantes et des résultats de recherches existantes. Avant son lancement à l’échelle nationale, l’enquête a fait l’objet d’un test pilote auprès de trois groupes de jeunes distincts afin de s’assurer qu’elle était claire, pertinente et adaptée aux jeunes. 

Certaines des questions que nous avons posées portaient sur l’éducation en matière de santé sexuelle des jeunes, leurs expériences et leurs préoccupations, ainsi que sur leur santé, les soutiens en matière de santé sexuelle et les obstacles rencontrés.  

Diapositive suivante, s’il vous plaît. Nous allons maintenant nous plonger dans les statistiques réelles pour rendre ces données pertinentes et exploitables. 

Les jeunes qui ont participé à l’enquête étaient âgés de 16 à 25 ans. La répartition était relativement homogène en termes de sexe, d’origine ethnique et de durée de séjour au Canada. 49 % des participants se sont identifiés comme ayant le statut d’immigrant, ce qui témoigne d’une forte représentation de la population que ce projet visait à servir. 

Par exemple, les quatre principaux pays d’origine des immigrants récents étaient l’Inde, la Chine, les Philippines et le Nigeria. 

Suivante, s’il vous plaît. Ainsi, pour les deux méthodes, les résultats ont suivi quatre thèmes. Le premier thème concernait les besoins en matière d’information sur l’éducation sexuelle complète, les préoccupations, les obstacles à l’accès aux services de santé sexuelle, les systèmes de soutien et les recommandations. 

Suivante, s’il vous plaît. Les jeunes ont donc identifié plusieurs domaines clés où ils ont besoin de meilleures informations, et les cinq principaux domaines étaient : premièrement, les relations saines, par exemple les compétences en communication et la résolution non violente des conflits ; deuxièmement, les méthodes de rapports sexuels protégés, comme les condoms et les digues dentaires ; troisièmement, comment s’y retrouver dans le système de santé, notamment le dépistage des ITS, la confidentialité et le droit à la vie privée ; 

En quatrième lieu, les infections transmissibles sexuellement (ITS) que l’on peut contracter par contact sexuel avec un partenaire infecté ; et en cinquième lieu, le consentement sexuel, qui englobe les aspects éthiques et juridiques. Ce qui est important ici, c’est que les jeunes ne posaient pas seulement des questions sur la biologie ou les maladies. Ils s’interrogeaient sur la communication, les limites, la sécurité et les relations. 

Cela nous montre que l’éducation en matière de santé sexuelle doit aller au-delà de l’anatomie pour inclure la prise de décision dans la vie réelle et les compétences relationnelles.  

Diapositive suivante, s’il vous plaît. Dans cette section, nous savons que les jeunes veulent et ont besoin d’informations sur les ITS, mais beaucoup ne savent pas non plus où ni comment accéder aux services de santé sexuelle et reproductive. 

Nous avons donc interrogé les jeunes sur les principaux obstacles à l’accès aux services de santé sexuelle, tels que les obstacles à l’information et aux services de santé. Parmi les obstacles courants figuraient le coût financier, les préoccupations liées à la vie privée et à la confidentialité, la honte et la stigmatisation associées à la sexualité, la crainte que la famille ne l’apprenne et le fait de ne pas savoir où s’adresser pour obtenir de l’aide.  

Diapositive suivante, s'il vous plaît. Ainsi, lorsque l'on a interrogé les jeunes sur leur connaissance et leur accès aux principaux services de santé sexuelle et reproductive, les lacunes étaient importantes. 

Seulement 56 % connaissaient l’existence des services de santé reproductive et moins de la moitié savaient comment accéder aux services de dépistage et de traitement des ITS ainsi qu’aux services de dépistage et de traitement du VIH. Cela nous indique donc que les services existent peut-être, mais que de nombreux jeunes ne savent tout simplement pas comment les trouver, leur faire confiance ou y accéder en toute sécurité.  

Diapositive suivante, s'il vous plaît. 

Ainsi, lorsque les jeunes cherchent de l’information ou de l’aide, ils se tournent généralement vers leurs amis, les réseaux sociaux, des personnes à l’école, les services de santé universitaires et les organismes communautaires. Cela renforce l’idée que les relations de confiance sont importantes. Les jeunes sont beaucoup plus susceptibles de chercher du soutien auprès de personnes avec lesquelles ils se sentent déjà en sécurité. 

Diapositive suivante, s’il vous plaît. Ainsi, la plupart des jeunes ont indiqué que les prestataires de soins de santé constituent une source utile et fiable d’information sur la santé sexuelle. De nombreux jeunes ont également déclaré vouloir recevoir des informations sur la santé sexuelle directement dans les établissements de santé. 

Et cela met vraiment en évidence, ou souligne simplement, à quel point il est important que les professionnels de la santé se sentent en confiance, qu’ils possèdent des compétences culturelles et qu’ils soient soutenus pour mener ces conversations.  

Diapositive suivante. Lors de la discussion avec les parties prenantes et les organisations communautaires, nous avons identifié quatre domaines clés dans lesquels les professionnels de la santé ont besoin d’un meilleur soutien. 

Premièrement, une formation complète, notamment en matière de compétence culturelle et de santé des immigrants, intégrant spécifiquement une perspective de santé non occidentale. Deuxièmement, l’engagement communautaire. Le développement de ressources en ligne multilingues sur la santé sexuelle et reproductive a été souligné comme crucial pour l’accessibilité. 

Et troisièmement, l’amélioration de l’accès, notamment par la simplification des processus d’orientation et l’élargissement des services d’interprétation, a fait l’objet de recommandations clés pour améliorer l’accès aux soins. Et enfin, en matière de politiques et de défense des droits, comme la promotion d’un changement systémique, y compris des rendez-vous plus longs et l’élargissement de la couverture temporaire des soins de santé.  

Diapositive suivante, s'il vous plaît. 

En général, les jeunes se sont montrés très ouverts et ont exprimé très clairement ce qu’ils souhaitent. Ils veulent des services accessibles, adaptés à leur culture, offerts en plusieurs langues, confidentiels et respectueux de la vie privée, complets, exempts de stigmatisation et incluant la prévention de la violence sexiste. Ces recommandations proviennent directement des jeunes nouveaux arrivants et sont mutuellement bénéfiques pour tous les jeunes Canadiens, tout en améliorant l’éducation sexuelle complète pour tous. 

Cela fournit également une feuille de route directe pour la conception des programmes et la prestation des services.  

Diapositive suivante. Ces résultats soulignent donc clairement la nécessité d’agir pour apporter des changements significatifs à l’éducation en matière de santé sexuelle. 

Les jeunes nouveaux arrivants ont besoin d’approches sur mesure et adaptées à leur culture pour s’y retrouver parmi les soutiens disponibles et accéder à des informations précises, pertinentes et sur la santé sexuelle. Cela signifie également que nos appels à l’action doivent se concentrer sur la mise en avant de la voix des jeunes, la pratique de l’humilité et de la compétence culturelles, la promotion de la confiance, du respect et de l’inclusion, ainsi que l’investissement dans la formation continue des prestataires de services. Les implications sont claires. 

Imaginez donc l’effet d’entraînement qu’une seule interaction respectueuse de la culture peut générer. Établir des partenariats avec les jeunes nouveaux arrivants garantit que les programmes vont au-delà du symbolisme et répondent véritablement à leurs besoins. Passons maintenant au parcours de Meera. 

Le parcours de Meera met tout en perspective. Cela signifie qu’elle serait en mesure d’accéder facilement à des informations pertinentes sur la santé sexuelle, au dépistage des ITS et aux outils permettant de prévenir les ITS et de construire des relations saines. Pour soutenir véritablement des jeunes comme Meera, nous devons aller au-delà de la sensibilisation et passer à l’action, car en fin de compte, l’accès à l’éducation en matière de santé sexuelle n’est pas un privilège. 

C'est un droit. Et quand on obtient ce droit, vous, les jeunes comme moi, ne vous contentez pas simplement de survivre dans un nouveau pays, vous vous épanouissez véritablement. Donc, changer le système pour elle, c'est le changer pour des milliers de jeunes nouveaux arrivants partout au Canada. 

Passez à la diapositive suivante, s’il vous plaît. La diapositive suivante. La question qui se pose ici est la suivante : où allons-nous à partir de là, avec toutes ces conclusions, ces recommandations et ces implications ? 

Où allons-nous réellement à partir de là ?  

Diapositive suivante. Voici donc un aperçu des étapes clés du projet du SIECCAN. 

En adoptant une approche solide axée sur la mise en pratique des connaissances, nous sommes passés de la planification du projet au développement des ressources. Cela a permis de s’assurer que notre travail s’appuie sur l’expérience vécue et des données probantes plutôt que sur des hypothèses.  

Diapositive suivante, s’il vous plaît. 

Chez SIECCAN, nous transformons donc bel et bien notre appel à l’action en un impact concret. Nous sommes ravis de publier bientôt notre première série de ressources destinées aux jeunes nouveaux arrivants. Il s’agit de deux fiches d’information sur le dépistage et la prévention des ITS, qui seront disponibles en plusieurs langues, notamment en mandarin et en pendjabi. 

De plus, nous développons également des outils pratiques basés sur des scénarios à l'intention des prestataires de services, qui contiennent des conseils en matière de santé sexuelle destinés aux jeunes nouveaux arrivants, afin qu'ils puissent établir un véritable lien avec ces jeunes et leur donner les moyens de faire des choix éclairés concernant leur santé sexuelle.  

Diapositive suivante, s’il vous plaît. Voici donc deux infographies sur des recherches désormais publiées sur notre site Web et disponibles en anglais, en français et en mandarin. 

Vous pouvez également accéder à ces ressources. Veuillez passer à la diapositive suivante. Vous pouvez également accéder à ces ressources et rester à jour en consultant notre site Web. N’hésitez pas à consulter les ressources disponibles sur notre site Web. 

Pour conclure, les nouveaux arrivants nous disent clairement qu’ils ont besoin de ce dont ils ont besoin, notamment de sécurité, de respect, de soins adaptés à leur culture et d’un accès réel à des informations fiables. Ainsi, lorsque nous écoutons les jeunes et que nous élaborons des services avec eux, ceux-ci ne sont pas seulement destinés à eux, mais nous permettent de créer un changement durable.  

Merci à tous pour votre temps et pour votre engagement à soutenir les jeunes nouveaux arrivants. 

Mauricio Oviedo : Merci, Ada.  

Est-ce que tout le monde voit mon écran ? Je crois que oui. 

D'accord. Je voudrais donc commencer cette présentation par un message fort. Nous devons être visibles. 

Nous ne devrions pas avoir honte de qui nous sommes. C'est un message de Marsha Johnson. Je veux simplement le partager avec vous, car c'est ce que nous essayons de faire à Capital Rainbow Refuge. 

Je vais donc vous donner un aperçu de Capital Rainbow Refuge, de ce que nous faisons pour soutenir les réfugiés et les nouveaux arrivants à Ottawa, et je parlerai également du projet de santé sexuelle « Rainbow of Care ». En ce qui concerne Capital Rainbow Refuge, nous aidons les réfugiés et les nouveaux arrivants qui s’installent dans l’est de l’Ontario. Nous sommes un organisme de bienfaisance à but non lucratif constitué en société, fondé en 2010. 

Nous avons deux axes de travail principaux. Le premier concerne les groupes de parrainage privé. Le second, le soutien communautaire, qui vient en aide aux personnes queer vivant à Ottawa. 

Je vais donc vous expliquer brièvement chacun d’entre eux. Je ne vais pas prendre beaucoup de temps, mais je veux simplement que vous compreniez bien ces termes. En ce qui concerne les groupes de parrainage privé, nous avons environ 15 groupes de parrainage privé qui travaillent sous l’égide de Capital Rainbow Refuge. 

Il s’agit de groupes de citoyens, composés de huit à dix personnes, qui collectent des fonds pour parrainer une personne vivant à l’étranger, principalement en Afrique, en raison de ces lois horribles qui criminalisent et persécutent les personnes queer. Ce groupe de personnes se porte garant de cette personne lorsque le nouvel arrivant arrive à Ottawa. Ce groupe est responsable de ce nouvel arrivant pendant un an. 

Ils lui fournissent donc un logement, un hébergement, ils lui font découvrir la ville. Ils inscrivent la nouvelle personne à l’école. Et, espérons-le, après cette année, le nouvel arrivant est capable de subvenir à ses besoins tout seul à Ottawa. 

Le deuxième volet concerne le soutien communautaire aux personnes LGBTQI+. Nous avons des personnes qui viennent ici à Ottawa avec un visa d’affaires, un visa de visiteur ou un visa d’étudiant, puis, une fois dans le pays, elles demandent une protection et changent leur statut pour devenir demandeurs d’asile. Ce sont donc ces personnes que nous soutenons à double titre. 

À Ottawa, nous avons environ 600 clients, des demandeurs d’asile, et depuis 2010, nous avons parrainé plus de 400 personnes par l’entremise de nos groupes de parrainage privé. Les services communautaires que nous offrons à Capital Rainbow Refuge consistent à guider les nouveaux arrivants LGBTQI+ qui n’ont pas suffisamment de soutien pour s’en sortir par eux-mêmes. Nous avons donc des personnes qui arrivent ici sans parler anglais ni français, sans famille ni amis. Le Capital Rainbow Refuge est donc en quelque sorte leur premier point d’ancrage pour s’intégrer à la communauté. 

Nous organisons donc une première rencontre avec eux, nous évaluons leurs besoins et nous leur fournissons des informations sur l’aide juridique et sur la manière d’en faire la demande. Une fois leur demande d’aide juridique approuvée, nous les mettons en contact avec des avocats qui les représentent dans leur dossier. Nous les aidons à s’inscrire à Ontario Works. 

Nous les aidons également à obtenir un soutien en santé mentale ainsi qu’une évaluation linguistique en collaboration avec le YMCA, et nous les aidons à rédiger leur CV et leur lettre de motivation grâce au soutien de nos bénévoles. Nous avons la trousse QRHP sur notre site Web. Si vous allez sur notre site Web, vous trouverez la trousse QRHP. 

Normalement, les demandeurs d’asile ont accès à cette trousse et répondent à de nombreuses questions. Lorsqu’ils ont fini de répondre à toutes les questions de la trousse, ils disposent d’une ébauche d’ . Ils peuvent y travailler un peu plus avec l’avocat et soumettre cette à IRCC pour leur demande. 

Nous disposons d’un fonds communautaire. Nous offrons jusqu’à 1 000 $ pour les changements de nom et de genre. Nous pouvons couvrir des frais médicaux supplémentaires, comme les caries ou les traitements de canal. 

Nous pouvons payer 50 % des frais de leur demande de résidence permanente et nous pouvons également payer pour les équivalences de diplômes et les traductions afin d’aider les gens à obtenir l’information et les qualifications nécessaires pour commencer à travailler à Ottawa. Et enfin, nous avons le projet « Rainbow of Care », qui consiste en de l’information sur la santé sexuelle que nous fournissons aux réfugiés et aux nouveaux arrivants. « Rainbow's Care » a donc été lancé en 2010. Nous avons commencé en 2010 avec ce projet extraordinaire, qui s'étend sur cinq ans. Nous ciblons 100 000 à 200 000 personnes LGBTQI+, racialisées et migrantes. Nous diffusons l'information par le biais de 120 ateliers. Nous menons le projet à Ottawa, mais nous avons également des partenaires qui reproduisent notre travail à Toronto, Edmonton et Vancouver. 

Nous fournissons des informations précises sur la santé sexuelle aux migrants LGBTQI+ par le biais de nombreuses activités différentes. Nous avons quatre objectifs principaux pour ce projet. Le premier est de nouer des partenariats avec des organismes locaux. 

Un excellent exemple ici à Ottawa est l’ACO ou la Bruce House, qui compte des experts travaillant sur les questions liées au VIH. Le deuxième est de diffuser de l’information en formant des pairs issus de notre propre communauté. Le troisième est de former des professionnels de la santé et le quatrième concerne les activités de bien-être et de santé sexuelle. 

Je vais en parler un peu plus dans la diapositive suivante. Désolé. Bon. 

Je voudrais donc aborder les besoins particuliers des nouveaux arrivants LGBTQI+. Nous sommes confrontés à des défis très spécifiques à notre arrivée ici à Ottawa, et l’un d’entre eux est la stigmatisation culturelle. Quand on parle de stigmatisation culturelle, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est que bon nombre de nos clients vivent dans des pays où ils doivent mener une vie hétéronormative. 

Ils doivent se marier. Ils doivent fonder une famille traditionnelle. Alors, quand ils arrivent ici et qu’ils découvrent la liberté, c’est quelque chose qui bouleverse leur vie. 

Il y a aussi l’homophobie intériorisée, quand ils vivent dans un pays où la masculinité est tout ce qu’ils doivent afficher. Ils ont une sorte d’homophobie contre tout ce qui représente la féminité. Par exemple, les personnes trans. 

Ils n’y sont pas habitués et parfois, ils font des commentaires homophobes contre notre propre communauté. La peur de la discrimination. C’est l’une des plus difficiles. 

Prenons par exemple la divulgation de la séropositivité. Beaucoup de nos clients arrivent ici et sont diagnostiqués séropositifs parce qu’ils n’ont pas les outils ni l’information nécessaire. D’autres clients arrivent déjà séropositifs, mais ils doivent le divulguer s’ils ont des relations sexuelles à risque avec quelqu’un, car sinon, ils peuvent être accusés d’agression sexuelle, ce qui est l’une des infractions les plus graves du Code criminel canadien. 

Il y a de la désinformation dans la terminologie. Je me souviens qu’un de nos clients a demandé si la prostate était une ITS. C’est à cause de ce genre de questions que nous organisons des consultations individuelles sur la santé sexuelle, en commençant par les bases, surtout avec les jeunes d’Ottawa. 

Ils peuvent également rencontrer des difficultés à obtenir des informations précises auprès de prestataires de services dont la formation en santé sexuelle est insuffisante. Je me souviens d’un client séropositif qui est allé chez le médecin pour demander des médicaments, et l’une des questions du médecin était de savoir s’il savait qui l’avait infecté – ce qui ne relève pas du domaine médical. Mais ce genre de choses se produit encore dans notre société. Les barrières linguistiques, comme je l’ai mentionné au début : certaines personnes arrivent ici sans parler ni le français ni l’anglais. 

Il est donc un peu difficile d’accéder à des informations précises et l’accès aux médecins de famille est limité. Ce n’est pas quelque chose qui touche uniquement les personnes queer. Ce n’est pas un obstacle auquel nous sommes confrontés uniquement à Capital Refuge. 

Voilà la réalité canadienne. Je vais vous présenter un cas concret. Nous avons un client qui s’appelle Bruce. 

Bruce est un nouvel arrivant à Ottawa. Il a grandi dans une famille très religieuse, une famille musulmane. À l’âge de 18 ans, il a eu des relations sexuelles avec un cousin, mais il a cessé en raison de la stigmatisation culturelle et religieuse entourant l’homosexualité. 

À 25 ans, Bruce a été contraint de se marier avec une femme. Plus tard, pour des raisons de sécurité dans leur pays d’origine, Bruce et sa femme ont dû s’installer au Canada. Depuis son arrivée, Bruce a découvert les applications de rencontre gay et a eu des relations fréquentes avec plusieurs partenaires masculins. 

Récemment, il a remarqué quelque chose d’inhabituel au niveau de ses parties génitales et il demande de l’aide pour passer des tests de dépistage des ITS. Lorsque le professionnel de la santé lui a suggéré que sa femme devrait également passer des tests, Bruce a refusé, car il n’a que des relations vaginales avec elle et il estime qu’elle n’est pas à risque. J’ai donc une question pour vous tous. 

Quelle est la meilleure option ? Quelle est la meilleure option à adopter : essayer de contacter la femme pour l’informer de la situation, ne rien faire et accepter le refus de Bruce, ou continuer à fournir à Bruce l’information et le soutien nécessaires jusqu’à ce qu’il se sente prêt à partager l’information avec sa femme ? Nous avons un sondage ici. 

N'hésitez pas à répondre à la question. Parfait. Oui, on a un pourcentage énorme pour la réponse trois. 

Continuer à fournir à Bruce l’information nécessaire. Et pourquoi il est important pour nous de continuer à lui fournir les outils et l’information, car nous ne pouvons pas l’obliger à en parler à sa femme. Elle va avoir des questions et nous ne pouvons pas le faire sortir du placard s’il n’est pas prêt. 

Nous ne pouvons pas porter atteinte à sa vie privée. Il n’y a donc rien d’autre à faire. Continuer à travailler fort, continuer à éduquer les gens et continuer à leur fournir les informations nécessaires pour faire face à la situation. 

Les recommandations et les pratiques pour le projet de santé sexuelle. Des stratégies de communication efficaces avec la population cible. Créer un environnement d’apprentissage ouvert et non préjudiciable qui favorise les liens communautaires, renforce la communauté et les animateurs pairs. 

Donc, utiliser la terminologie clé et transmettre l’information dans leur propre langue. Dans le cadre de ce projet, nous transmettons l’information en anglais et en français, bien sûr, mais aussi en russe, en swahili, en espagnol et en arabe. Ainsi, les gens peuvent obtenir l’information dans leur propre langue, ce qui garantit la représentation.  

C'est un élément extrêmement important dans ce projet, car la grande majorité de nos clients – je dirais pas moins de 95 % de nos clients à l'heure actuelle – viennent d'Afrique et sont des Africains noirs ou des Caribéens. Ils ne veulent pas voir une personne en particulier sur scène leur dire quoi faire ou ne pas faire. 

Ils veulent voir quelqu’un comme eux transmettre l’information, d’abord parce que le langage utilisé sera plus approprié, et ensuite parce qu’ils comprendront qu’à l’avenir, ils pourraient être eux-mêmes la personne qui transmet l’information. L’un de nos objectifs est donc de former des animateurs issus de notre propre communauté, et cela fonctionne à merveille pour nous en termes de représentation et d’engagement communautaire. 

Au début de ce projet, je me souviens que nous essayions d’attirer plus de monde à nos ateliers. On leur offrait des cartes-cadeaux, mais ça ne suffisait pas. 

Je me souviens qu’une fois, nous avions offert des cartes-cadeaux de 50 $ aux gens et qu’une seule personne s’est présentée à nos ateliers. J’ai donc commencé à leur poser des questions en discutant directement avec la communauté ou en envoyant des sondages, et il s’est avéré qu’ils voulaient créer une communauté. Ils voulaient organiser un souper communautaire. 

Ils voulaient organiser une fête. Ils voulaient organiser un après-midi cinéma. Alors, quand on a commencé à créer ces espaces pour eux, on a remarqué que le nombre de participants augmentait, ce qui m’amène au point suivant : la méthode de prestation est-elle un obstacle ? 

Donc, une fois qu’ils ont demandé s’ils pouvaient voir une drag queen, peu de gens avaient les moyens d’aller voir un spectacle, car beaucoup de nos clients vivent de leur salaire. S’ils paient l’autobus ou leur loyer, il ne leur reste pas beaucoup d’argent pour s’amuser. Nous avons donc fait équipe avec cette incroyable drag queen locale. 

Nous l’avons formée et elle a présenté l’information en tenue de drag queen complète. Ce jour-là, nous sommes passés d’une seule personne à nos ateliers à 70 personnes dans la salle. C’est donc quelque chose qui a fonctionné pour nous. Utiliser un langage simple est toujours important, car les gens ne comprennent pas toujours la terminologie. Nous devons donc leur parler en langage simple. 

Il est très important pour nous d’adapter nos horaires de travail à ceux de nos clients. On a essayé le matin, ça n’a pas marché. On a essayé en fin de journée et à midi, et on leur a offert un dîner, mais ça n’a pas marché non plus. 

Ce qui fonctionne pour nous, c’est donc de dispenser l’information après les heures de travail, et pas nécessairement parce que nos clients travaillent, mais parce qu’ils travaillent sur leur CV, qu’ils ont un entretien ou qu’ils rencontrent leur avocat. Ainsi, après les heures de travail, ils ont du temps libre pour assister à nos ateliers, et cela fonctionne pour nous. La plupart de nos ateliers ont donc lieu à 18 h 18 h 30, afin d’attirer plus de monde à nos ateliers inclusifs et diversifiés. Je me souviens qu’au début, lorsque nous avons lancé ce projet, nous nous sommes associés à une agence spécialisée dans l’accompagnement des hommes gais. Pendant un certain temps, toutes les informations s’adressaient donc aux hommes gais, puis nous avons commencé à recevoir des messages de personnes transgenres et de personnes non conformes au genre nous demandant pourquoi elles n’étaient pas incluses dans le programme. Cela a été une véritable révélation pour nous.  

Nous avons changé de méthode et inclus toutes les personnes de la communauté arc-en-ciel. Maintenant, nous avons plus de participants à nos ateliers, ce qui nous permet de bâtir la confiance et de garantir la confidentialité. La seule chose que je demande aux gens lorsqu’ils s’inscrivent à nos ateliers, c’est leur adresse courriel, car j’ai besoin d’un moyen de leur envoyer le sondage par la suite. Mais à part ça, ils peuvent choisir un prénom de prédilection ou un surnom. 

Et on ne leur demande aucune autre information personnelle. Recueillir des commentaires est super important. Je me souviens qu’on envoyait toujours un sondage après chaque atelier pour savoir ce qu’ils avaient appris, mais ce n’était pas toujours juste après l’atelier. 

Tous les deux ou trois mois, nous envoyons un sondage aléatoire pour leur demander ce qu’ils veulent, quels autres sujets ils aimeraient aborder, sur quels autres sujets ils aimeraient approfondir. Ça fonctionne très bien pour nous. Pour les prochaines étapes du projet, nous sommes en train de consolider les données des cinq dernières années ; nous en sommes actuellement au troisième trimestre de la quatrième année du projet, il nous reste donc un an et nous terminerons en 2027. 

Pour l’année prochaine, le plan est de discuter avec les parties prenantes pour consolider l’information. 

On le fait chaque année, mais pour la dernière année, on veut faire quelque chose de plus ambitieux. Décider quelles activités fonctionnent pour nous. J’en ai quelques-unes en tête, par exemple, ne pas offrir de cartes-cadeaux, mais créer une communauté. 

Cela fonctionne pour nous. D’ici la fin de la cinquième année, nous aurons certainement plus d’informations à ce sujet et nous communiquerons l’impact du projet aux donateurs . Oui, nous allons recueillir toutes les informations, même si chaque année nous recueillons toutes les informations et fournissons un rapport. Je suis plutôt satisfait qu’à la fin de la dernière année, nous allons dépasser les attentes des donateurs de ce projet. Et pour la dernière diapositive, je voudrais vous montrer l’image de gauche. 

Celle-ci est le fruit d’une collaboration avec ACO, tandis que celle de droite est le résultat d’un partenariat avec Bruce House. En bas, vous voyez une activité que nous organisons avec Capital Room Refuge et nos clients. Nous avons modifié l’activité ce jour-là. Nous avons fourni à chaque participant une toile et de la peinture et la question était : « Que représente pour vous la santé sexuelle ? » 

À la fin, nous nous sommes donc retrouvés avec ces magnifiques peintures et, pendant que les gens peignaient, nous avons fourni des informations, posé des questions et veillé à ce que tout le monde reçoive les bonnes informations lors de l'atelier. C'est tout.  

Merci beaucoup. 

Jessica : Merci beaucoup, Ada et Mauricio, pour vos présentations. Je pense que nous apprécions tous vraiment d’en apprendre davantage sur les besoins spécifiques et les pratiques qui peuvent être utilisées pour surmonter ces obstacles vraiment uniques auxquels les nouveaux arrivants sont confrontés lorsqu’ils, vous savez, naviguent dans le système de santé et recherchent ces informations sur la santé sexuelle. Je vois que les questions affluent déjà. 

Nous allons donc passer à la partie questions-réponses de notre webinaire. Pour rappel à notre public, si vous avez une question à poser, veuillez la soumettre via la fonction Q&A située dans la barre inférieure de la barre d’outils de Zoom.  

Je pense qu’on va commencer. Ada, il y avait une question sur la première phase du projet de recherche et sur l’origine des participants. Peux-tu nous en dire un peu plus sur la répartition géographique de ces participants ?  

Ada : D'accord, merci pour cette question. C'est une excellente question. 

Donc, la plupart des participants provenaient de différentes provinces du Canada. La plupart venaient surtout de l’Ontario, mais nous avons également recueilli des données dans toutes les autres provinces. Il s’agit donc d’un sondage en ligne national assez représentatif. 

Jessica : Super. Merci.  

Et puis, Mauricio, je vais essayer de regrouper quelques-unes de ces questions. 

Il semble y avoir quelques questions liées au scénario de Bruce, et je me demande simplement à quel moment il y a une obligation envers la femme de Bruce et pour empêcher la propagation de l’infection. Y a-t-il un moment où il serait approprié de contacter sa femme ?  

Mauricio : À ce stade, nous n'aurons le droit de communiquer avec elle que si sa vie est en danger. 

Sinon, même si elle contracte une infection sexuellement transmissible, nous n’avons rien à voir avec ça, c’est leur vie privée. C’est leur relation et nous allons lui fournir les informations nécessaires pour faire face à la situation. Mais nous ne pouvons pas aller plus loin que ça. 

Jessica : Parfait. Et peut-être une petite question pour vous encore. Quelles sont les autres organisations impliquées dans votre alliance ? 

Mauricio : Avec lesquelles travaillons-nous à Ottawa ou à l’échelle nationale ?  

Jessica : Je pense à l’échelle nationale.  

Donc, vous êtes à Vancouver, vous êtes à Toronto. 

Mauricio : Oui, nous travaillons avec End of the Rainbow. Nous travaillons avec MCC Toronto et nous travaillons avec Rainbow Refugee.  

Jessica : D'accord, super. 

Vouliez-vous parler un peu de la façon dont vous avez décidé quelles langues privilégier pour certaines de vos ressources ?  

Ada : Oui, absolument. Ce que nous avons fait, c’est que nous avons choisi les langues de manière intentionnelle en nous basant d’abord sur les discussions de groupe et ensuite sur nos données démographiques. 

Les langues les plus parlées étaient donc le mandarin, le pendjabi et l’espagnol. D’après les données d’IRCC de 2023 à 2025 sur l’arrivée des jeunes nouveaux arrivants, les langues parlées à la maison étaient le mandarin et le pendjabi. Ce sont en quelque sorte des estimations provenant également d’organismes d’aide à l’établissement, et nous avons décidé de retenir le mandarin et le pendjabi comme langues principales. Mais nous envisageons également d’intégrer d’autres langues en fonction de l’évolution des besoins ou des tendances migratoires, ou d’élargir notre liste de langues dans lesquelles nous traduisons nos documents. 

Jessica : Super. Merci. Et peut-être une question pour vous deux. 

Il semble y avoir un intérêt pour la recherche de ressources spécifiques à la communauté 2ELGBTQI+. Y a-t-il des ressources spécifiques que vous recommanderiez, disponibles en ligne, que vous encouragez toujours les gens à consulter ?  

Mauricio : Je dirais que, par exemple, chez Capital Room Refuge, nous avons une liste de ressources avec de nombreux partenaires. 

Et je serais ravie de la partager avec quiconque ; si quelqu’un souhaite me contacter, on peut peut-être m’écrire mon adresse courriel dans le clavardage ou quelque chose comme ça, je serai ravie de la partager avec vous.  

Ada : Oui, juste pour compléter ça, l’un des aspects intéressants de notre travail au SIECCAN, c’est qu’on a en quelque sorte une plateforme de ressources. On appelle ça le « Promising Pod », où on a des ressources validées pour les groupes 2ELGBTQ, sexuellement et de genre divers. 

Nous avons aussi des ressources destinées spécifiquement aux jeunes nouveaux arrivants sur différents sujets liés à l’éducation en matière de santé sexuelle. Il s’agit de ressources provenant de diverses organisations canadiennes. N’hésitez donc pas à explorer cette plateforme de ressources pour avoir davantage accès à de l’information précise sur l’éducation en matière de santé sexuelle. 

Jessica : Merci. D’accord, parfait. Merci. 

Je pense que nous allons peut-être recueillir certaines de ces ressources auprès de vous deux et les ajouter au courriel de suivi qui sera envoyé à tous les présentateurs.  

Ada : Ça me semble bien.  

Jessica : Bon, il nous reste encore quelques minutes. 

Alors, une dernière question pour vous, Ada. Si les préoccupations liées à la vie privée et à la confidentialité constituent des obstacles à l’accès aux services de santé sexuelle, où les jeunes pourraient-ils aller pour obtenir ces informations ? 

Ada : Eh bien, c'est une excellente question. 

Ce sujet a été abordé lors de notre discussion de groupe. Les jeunes ont mentionné qu’ils se tourneraient d’abord vers leurs amis, en particulier d’autres jeunes nouveaux arrivants, et vers des ressources en ligne. Nous avons donc entendu qu’ils utilisent les espaces en ligne parce qu’ils s’y sentent anonymes et qu’ils y ont facilement accès. 

Dans le sondage également, les jeunes ont indiqué qu’ils préféraient obtenir de l’information à partir de sources en ligne, ou auprès de leurs parents, de leurs frères et sœurs ou de leur communauté, s’ils sont ouverts à ce genre de conversations. S’ils se sentent en sécurité et ont l’impression que la conversation ne porte pas de jugement. Ils ont également formulé des recommandations, comme l’amélioration ou la mise en place de systèmes de soutien en ligne capables de fournir des informations précises sur la santé sexuelle, afin de réduire le risque de désinformation. Ils ont également suggéré d’améliorer la diversité au sein du personnel de santé. Ainsi, ils pourraient facilement s’adresser à des professionnels de la santé avec lesquels ils se sentent en confiance, à condition que la confidentialité et le respect de la vie privée soient une priorité absolue.  

Jessica : Super. 

Merci. Mauricio, quelqu’un demandait s’il y avait déjà eu des situations où des médecins ou des cliniques avaient orienté des nouveaux arrivants vers votre programme, si cette relation fonctionnait bien et comment on pourrait mettre cela en place ?  

Mauricio : Désolé, je n’ai pas compris la première partie de la question. 

Jessica : Donc, quelqu’un demandait s’il y avait des situations ou des cas où des cliniques et des médecins orientaient des personnes vers le programme, et s’il existait ce genre de processus de mise en relation. 

Mauricio : Oui. Oui. Ça arrive souvent, pas tant de la part des cliniques, mais plutôt de nos partenaires comme [inaudible] et aussi de la part d’avocats. Certaines personnes queer font appel à des avocats hétérosexuels. 

Donc, probablement à un moment donné de leur processus, elles mentionnent qu’elles veulent créer une communauté. Beaucoup d’avocats à Ottawa connaissent Capital Rainbow Refuge et on nous envoie des clients. À ce stade, quand quelqu’un a un avocat, on ne peut pas fournir d’aide juridique, mais au moins on peut créer une communauté avec elles, ce qui est une partie tellement importante de leur processus. 

Jessica : Merci. Ada, nous avons le temps pour probablement une dernière question.  

Je me demandais si vous pouviez nous parler un peu de la façon dont SIECCAN s’y prend pour mettre ces ressources que vous développez entre les mains de ceux qui ont le plus à gagner à connaître cette information. 

Ada : Oui, merci. Un instant. L’un de nos principaux axes de travail est le partenariat. 

Nous travaillons donc en partenariat avec des organisations. Et le partenariat est essentiel ici. Nous cherchons à nous associer à des organismes d’aide à l’établissement qui disposent d’une communauté de pratique où nous pouvons partager ces ressources pertinentes pour les prestataires de services, comme les éducateurs, les professionnels de la santé et les intervenants de première ligne qui travaillent directement avec les jeunes nouveaux arrivants. 

Notre site Web est également un moyen pour nous de publier ces ressources, et nous utilisons des codes QR pour que les jeunes nouveaux arrivants puissent accéder à ces informations. Il peut s’agir d’affiches dans les organismes communautaires, les écoles, les bibliothèques ou même dans des lieux communautaires que les jeunes nouveaux arrivants fréquentent souvent, ou où nous pouvons facilement les trouver pour qu’ils accèdent à ces ressources. Ce sont donc des fiches d’information simples et faciles à partager. 

Si vous êtes un prestataire de services qui travaille directement avec les jeunes nouveaux arrivants, vous pourriez tout simplement partager ces informations sous forme de code QR. Comme nous sommes désormais dans un espace numérique où il est facile d’accéder à l’information grâce aux codes QR, ils pourraient lire ces informations et découvrir les tests de dépistage et les mesures de prévention des ITS qui leur sont spécifiquement adaptés.  

Jessica : C'est formidable. Merci beaucoup. 

Malheureusement, notre temps est écoulé. Je sais qu’il reste encore beaucoup de questions, mais je tiens à remercier tous ceux qui se sont joints à nous aujourd’hui. Merci à nos deux présentateurs pour leur temps et leurs idées, ainsi qu’aux équipes de SIECCAN et du CRR qui ont apporté leur soutien à ce webinaire. 

Pour rappel, vous recevrez après cette séance un courriel contenant l'enregistrement, une copie des diapositives de la présentation ainsi qu'un court formulaire de commentaires que nous vous serions reconnaissants de bien vouloir remplir. Vos commentaires nous sont très précieux. Au nom de l'Agence de la santé publique du Canada, merci encore de votre participation. 

Nous avons hâte de vous revoir lors de nos prochaines sessions. 

Prends soin de toi et passe une excellente journée. 


Modifié le: jeudi 11 juin 2026, 10:43